Sommaire des motifs de décision portant sur Tryngolza

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Tryngolza est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Tryngolza

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Tryngolza. Lorsqu'un TAPA sera disponible pour Tryngolza, il sera incorporé dans ce SMD.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Tryngolza

SMD émis le : 2026-04-13

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Tryngolza.

Olezarsen sodique

dentification numérique de drogue (DIN) : DIN 02563886 - 80 mg/0.8 ml olezarsen, solution, voie d’administration sous-cutanée

Theratechnologies Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 297894

Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Évaluation prioritaire

Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : C10 Agents réduisant les lipides sériques

Date de présentation : 2025-05-09

Date d’autorisation : 2025-12-16

Le 16 décembre 2025, Santé Canada a émis à l'intention de Theratechnologies Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Tryngolza.

L’autorisation de mise en marché de Tryngolza s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Tryngolza est considéré comme étant favorable en complément au régime alimentaire chez les patients adultes pour le traitement du syndrome de chylomicronémie familiale afin de réduire les niveaux de triglycérides.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Tryngolza, un agent modificateur des lipides, a été autorisé en complément au régime alimentaire chez les patients adultes pour le traitement du syndrome de chylomicronémie familiale afin de réduire les niveaux de triglycérides. Tous les patients participant à l’essai pivot Balance pour Tryngolza étaient des patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale confirmé génétiquement.

Tryngolza n’est pas autorisé à être utilisé chez les patients pédiatriques (de moins de 18 ans), car aucune donnée clinique sur l’innocuité ou l’efficacité n’est disponible pour cette population.

Aucune différence cliniquement significative dans l’efficacité ou l’innocuité de Tryngolza n’a été observée chez les patients gériatriques (65 ans ou plus) par rapport aux patients plus jeunes.

Tryngolza (80 mg/0,8 ml d’olezarsen) est fourni sous forme de solution et administré par voie sous-cutanée une fois par mois. En plus de l’ingrédient médicinal, la solution contient du phosphate d’hydrogène disodique, du chlorure de sodium, du phosphate de dihydrogène de sodium, de l’acide chlorhydrique, de l’hydroxyde de sodium et de l’eau pour injection.

L’usage de Tryngolza est contre-indiqué chez les patients hypersensibles à ce médicament ou à tout ingrédient dans la formulation, y compris tout ingrédient non médicinal, ou composant du contenant.

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des avantages et risques potentiels associés à son utilisation. La monographie de produit de Tryngolza est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

2 Pourquoi Tryngolza a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Tryngolza a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable en complément au régime alimentaire chez les patients adultes pour le traitement du syndrome de chylomicronémie familiale afin de réduire les niveaux de triglycérides.

Le syndrome de chylomicronémie familiale est un trouble génétique rare, grave et autosomique récessif, caractérisé par une fonction gravement altérée de la lipoprotéine lipase, entraînant une hypertriglycéridémie sévère et une hyperchylomicronémie. Les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale ont généralement des niveaux de triglycérides qui sont environ 10 à 100 fois supérieurs à la valeur de référence normale de moins de 150 mg/dl (<1,7 mmol/l), sans que cela puisse s’expliquer par des facteurs secondaires tels que l’obésité, la consommation d’alcool, la résistance à l’insuline, le diabète, d’autres maladies sous-jacentes ou l’usage de certains médicaments. Le diagnostic du syndrome de chylomicronémie familiale peut survenir à tout âge, et la prévalence mondiale de cette affection est estimée à environ 1 à 13 par million, bien que les taux de prévalence varient selon les régions géographiques. Le trouble est causé par des mutations homozygotes, hétérozygotes composées ou double hétérozygotes, de perte de fonction, nulles ou sans sens dans le gène de la lipoprotéine lipase ou dans plusieurs gènes qui codent des protéines régulant l’activité de la lipoprotéine lipase. Une activité réduite de la lipoprotéine lipase nuit à l’élimination des triglycérides, entraînant une accumulation de chylomicrons dans le plasma et résultant en une hypertriglycéridémie sévère et une hyperchylomicronémie, car de grands chylomicrons demeurent dans la circulation, même après un jeûne prolongé. L’hypertriglycéridémie et l’hyperchylomicronémie peuvent entraîner des complications médicales, notamment un risque accru de pancréatite aiguë, car les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale sont sujets à des épisodes récurrents, potentiellement mortels. De plus, les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale éprouvent fréquemment des xanthomes éruptifs, une lipémie rétinienne et des douleurs abdominales récurrentes, tandis qu’une hépatomégalie et une splénomégalie peuvent également survenir.

Bien que le test génétique soit considéré comme la méthode définitive pour diagnostiquer le syndrome de chylomicronémie familiale, il n’est pas toujours réalisable et les patients n’y ont pas toujours accès. Que ce soit confirmé génétiquement ou non, les patients présentent systématiquement des niveaux de triglycérides nettement élevés et sont à risque de complications telles que la pancréatite.

La première ligne de traitement pour les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale est une restriction stricte de la consommation de graisses à moins de 20 grammes de graisses par jour, en évitant également l’alcool. Même une consommation à court terme de graisses alimentaires ou de petites quantités d’alcool peut augmenter les niveaux de triglycérides et accroître le risque de pancréatite aiguë. Même parmi les patients respectant strictement le régime recommandé, les niveaux de triglycérides restent souvent élevés, maintenant ainsi un risque continu de pancréatite aiguë. La niacine, les fibrates et les statines sont approuvés au Canada pour le traitement de l’hypertriglycéridémie, mais sont inefficaces pour gérer l’hypertriglycéridémie sévère associée au syndrome de chylomicronémie familiale, car ils agissent principalement en augmentant l’activité de la lipoprotéine lipase, une protéine absente ou gravement déficiente chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale. Par conséquent, le traitement de l’hypertriglycéridémie chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale reste un besoin clinique non satisfait.

L’olezarsen est un oligonucléotide antisens conjugué à une N-acétylgalactosamine tri-antennaire (GalNAc3). Les oligonucléotides antisens sont de courtes chaînes synthétiques de nucléotides conçues pour empêcher l’expression d’une protéine ciblée en se liant sélectivement à l’acide ribonucléique messager (ARNm) qui code la protéine cible, dégradant ainsi l’ARNm et empêchant la traduction. L’olezarsen se lie sélectivement à l’ARNm de l’apolipoprotéine C-III (apoC-III), entraînant sa dégradation par la ribonucléase H1, ce qui entraîne un manque de protéine apoC-III.

L’apolipoprotéine C-III est une glycoprotéine synthétisée principalement dans le foie et est un puissant inhibiteur de la lipoprotéine lipase, l’enzyme principale responsable de l’hydrolyse des triglycérides plasmatiques. De plus, la protéine apoC-III régule également le métabolisme des lipoprotéines riches en triglycérides par des voies autonomes de lipoprotéine lipase. Ces voies peuvent jouer un rôle important chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale, qui présentent une déficience de l’activité de la lipoprotéine lipase et un risque considérablement accru de pancréatite aiguë. Cibler l’apoC-III avec un oligonucléotide antisens constitue une nouvelle approche pour traiter le syndrome de chylomicronémie familiale.

L’efficacité de Tryngolza a été démontrée dans une seule étude pivot, ISIS 678354-CS3, ci-après dénommée « étude Balance ». Cette étude de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo et multicentrique, a inclus 66 patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale confirmé génétiquement, avec des niveaux de triglycérides à jeun d’au moins 880 mg/dl (≥10 mmol/l). À la suite d’un dépistage et d’une période d’adaptation durant laquelle les patients ont respecté un régime contenant pas plus de 20 grammes de matières grasses par jour, les participants ont ensuite été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit Tryngolza 50 mg soit Tryngolza 80 mg dans un rapport de 1:1. Chaque cohorte a ensuite été randomisée dans un rapport de 2:1 pour recevoir des doses mensuelles de Tryngolza ou un volume de placebo correspondant, respectivement.

Le principal paramètre d’efficacité était la variation moyenne en pourcentage des taux de triglycérides à jeun par rapport au niveau de référence jusqu’au mois 6 comparativement au placebo. Parmi les 66 patients inscrits, 23 patients ont reçu un placebo, 21 patients ont reçu Tryngolza 50 mg, et 22 patients ont reçu Tryngolza 80 mg toutes les 4 semaines.

Les résultats de l’étude Balance ont montré que la variation en pourcentage ajustée au placebo des taux de triglycérides à jeun entre le niveau de référence et le mois 6 pour le groupe traité au Tryngolza 80 mg par rapport au placebo était de -42,5 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : ‑69,085, -17,921), en faveur de Tryngolza 80 mg par rapport au placebo, avec une valeur de p statistiquement significative <0,05. Le groupe de traitement par Tryngolza 50 mg comparé au groupe recevant le placebo n’était pas statistiquement significatif. Cette force de dosage n’a pas été proposée pour l’autorisation de mise sur le marché par le promoteur.

D’autres paramètres de l’étude comprenaient une comparaison des événements liés à la pancréatite aiguë au mois 12 après le début du traitement par Tryngolza par rapport au placebo. Au mois 12, on a observé une réduction pertinente de l’incidence de la pancréatite aiguë, avec 11 événements déclarés dans le groupe recevant le placebo et un événement déclaré dans le groupe de traitement par Tryngolza 80 mg.

Dans l’étude ISIS 678354-CS8, une étude de Phase IIb, randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo, 154 patients atteints d’hypertriglycéridémie et présentant un risque établi ou accru de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse, ou avec une hypertriglycéridémie sévère sans syndrome de chylomicronémie familiale, ont été randomisés pour recevoir soit Tryngolza 50 mg, soit 80 mg administrés une fois toutes les 4 semaines pendant une période de traitement de 53 semaines. Le principal paramètre d’efficacité, conforme à l’étude Balance, était la variation en pourcentage des taux de triglycérides à jeun par rapport au niveau de référence jusqu’au mois 6 comparativement au placebo. Les résultats de l’étude ISIS 678354-CS8 ont démontré une réduction des taux de triglycérides chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse ou à risque élevé sans syndrome de chylomicronémie familiale.

Même si l’étude Balance ne portait que sur les patients atteints d’un syndrome familial de chylomicronie confirmé génétiquement, Santé Canada a accepté une indication révisée fondée sur la justification selon laquelle tous les patients atteints d’un syndrome familial de chylomicronie n’ont pas accès à des tests génétiques. Cependant, comme l’étude Balance n’incluait que des patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale confirmé génétiquement, une déclaration de limitation d’usage a été ajoutée à l’indication pour informer le prescripteur.

Le profil d’innocuité de Tryngolza a été évalué sur la base des données d’innocuité provenant de l’étude Balance et de deux études ouvertes intermédiaires, ISIS 678354-CS13 et ISIS 678354-CS7. L’étude ISIS 678354-CS13 est une prolongation ouverte de l’étude Balance, dans laquelle tous les patients atteints de syndrome de chylomicronémie familiale ont continué ou sont passés à Tryngolza 80 mg. L’étude ISIS 678354-CS7 est une étude ouverte en cours chez des patients atteints de syndrome de chylomicronémie familiale qui ont été précédemment traités au volanesorsen.

La réaction indésirable la plus courante dans l’analyse combinée de l’innocuité (89 patients) était l’érythème au site d’injection (17 %), les frissons (7 %), la myalgie (7 %), la douleur au site d’injection (6 %) et l’hypersensibilité (2 %). Les réactions indésirables graves qui ont été déclarées comprenaient des événements indésirables liés au traitement par saignement (2 %), des événements indésirables hépatiques (1 %) et des décès subits (1 %). Aucun décès n’a été considéré comme lié au médicament de l’étude.

Dans l’étude Balance (66 patients), les réactions indésirables les plus courantes survenant chez au moins 5 % des patients, et qui se produisaient plus fréquemment chez les patients traités par Tryngolza (43 patients) par rapport aux patients traités par placebo (23 patients), étaient des réactions au site d’injection (19 % contre 9 %), de l’arthralgie (9 % contre 0 %) et une diminution du nombre de plaquettes (12 % contre 4 %). Ces réactions indésirables ont été incluses dans la Monographie de produit Tryngolza. Des réactions indésirables entraînant l’arrêt du traitement sont survenues chez 7 % des patients ayant reçu Tryngolza, comparativement à 0 % des patients ayant reçu un placebo. Les réactions d’hypersensibilité étaient la raison la plus courante de l’abandon du Tryngolza.

Les événements indésirables d’intérêt particulier comprenaient la thrombocytopénie. Dans l’étude Balance, la proportion de patients ayant présenté des événements indésirables apparus en cours de traitements liés à la thrombocytopénie était plus élevée dans le groupe Tryngolza 80 mg (3 [13 %] patients) par rapport au groupe placebo (1 [4,3 %] patient). Dans l’ensemble, une plus grande proportion de patients dans le groupe Tryngolza 80 mg (59,1 %) a connu deux épisodes ou plus de numérations plaquettaires inférieures à la limite de la normale par rapport au groupe recevant le placebo (30,4 %). Cependant, une proportion similaire de patients dans le groupe recevant le placebo (13 %) a connu une réduction du nombre de plaquettes d’au moins 50 % dans le groupe traité au Tryngolza 80 mg (13 %). Les patients présentant des EIT liés à la thrombocytopénie n’ont pas connu d’événements hémorragiques majeurs concomitants. Une recommandation d’obtenir un nombre de plaquettes de référence et de surveiller les niveaux de plaquettes pendant le traitement, selon les besoins cliniques, a été incluse dans la Monographie de produit Tryngolza. Un décès a été signalé dans l’étude Balance, un décès soudain chez un patient traité par Tryngolza 50 mg, que le chercheur de l’étude a jugé sans rapport avec le médicament de l’étude.

Une augmentation modeste du cholestérol à lipoprotéines de faible densité, de l’apolipoprotéine B, du glucose à jeun et de l’hémoglobine A1C a été observée au fil du temps avec le traitement par Tryngolza dans la population atteinte du syndrome de chylomicronémie familiale lors de l’étude pivot. Ces données ont été incluses dans la monographie de produit Tryngolza avec une recommandation d’obtenir des niveaux de référence et de surveiller pendant le traitement par Tryngolza, selon les indications cliniques.

Les événements cardiovasculaires indésirables majeurs (ECIM) étaient numériquement plus élevés chez les patients traités par Tryngolza dans l’étude à l’appui réalisée dans une population atteinte de syndrome de chylomicronémie non familiale avec une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (MCVA) ou à risque accru de développer une MCVA, étude ISIS 678354-CS8. Aucun patient atteint du syndrome de chylomicronémie familiale traité par Tryngolza n’a présenté de composants d’ECIM jugés, y compris le décès cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde non fatal, l’accident vasculaire cérébral ischémique non fatal et la revascularisation artérielle, ayant été évalués comme étant liés au médicament de l’étude. Il a été recommandé dans la monographie de produit Tryngolza d’évaluer les comorbidités du patient avant de commencer le traitement par Tryngolza.

Les données sur l’innocuité de l’usage de Tryngolza chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale étaient limitées au moment de l’autorisation de mise sur le marché, en raison de la taille réduite des échantillons dans les essais cliniques due à la nature rare de cette maladie. Bien que le risque de thrombocytopénie et d’événements hémorragiques, ou d’hépatotoxicité ou de toxicité rénale n’ait peut-être pas été entièrement élucidé au cours du développement clinique de Tryngolza, ces réactions indésirables ont été observées avec d’autres oligonucléotides antisens et ne peuvent donc pas être complètement exclues.

Un Plan de gestion des risques (PGR) de Tryngolza a été présenté par Theratechnologies Inc. à Santé Canada, qui est conçu pour décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, pour présenter le schéma de surveillance, et, au besoin, pour décrire les mesures qui seront mises en place pour minimiser les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable. La thrombocytopénie et l’hépatotoxicité ont été incluses dans le Plan de gestion des risques comme des risques potentiels importants nécessitant une surveillance étroite dans le cadre de la commercialisation.

Les étiquettes intérieures et extérieures, la notice d’accompagnement et la section Renseignements destinés aux patients de la monographie du produit Tryngolza présentées répondaient aux exigences réglementaires en matière d’étiquetage, de langage clair et simple et d’éléments de conception à la suite des révisions demandées.

Dans l’ensemble, Tryngolza a démontré un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable d’après l’étude Balance. Les problèmes d’innocuité relevés sont gérés par l’étiquetage et la surveillance clinique. Des mises en garde et des précautions appropriées sont prévues dans la monographie de produit Tryngolza afin de régler les problèmes d’innocuité relevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Tryngolza?

La Présentation de drogue nouvelle de Tryngolza a fait l’objet d'un processus d’examen accéléré en vertu de la Politique sur l’évaluation prioritaire des présentations de drogues. Le promoteur a présenté des preuves substantielles de l’efficacité clinique pour démontrer que Tryngolza, complément au régime alimentaire, offre un traitement efficace afin de réduire les niveaux de triglycérides chez les patients adultes atteints du syndrome de chylomicronémie familiale, une maladie grave et potentiellement mortelle qui n'est pas suffisamment traitée par les médicaments commercialisés au Canada.

L'examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Tryngolza était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens effectués par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont été utilisées comme références ajoutées pour l’examen des éléments qualité, non clinique, et clinique de la PDN, conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Tryngolza a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.

La PDN comprenait un plan de développement pédiatrique dans le cadre du Programme pilote sur les plans de développement pédiatrique et les études pédiatriques de Santé Canada.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

Étapes importantes de la présentation : Tryngolza

Étape importante de la présentation

Date

Demande de traitement prioritaire déposée

2025-03-28

Demande de traitement prioritaire approuvée

2025-04-23

Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle

2025-05-09

Examen préliminaire

Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire

2025-06-06

Réponse d’Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire déposée

2025-06-19

Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise

2025-06-19

Examen

Évaluation biopharmaceutique terminée

2025-11-28

Évaluation de la qualité terminée

2025-12-12

Évaluation non clinique terminée

2025-12-12

Évaluation du plan de gestion des risques terminée 

2025-12-15

Évaluation clinique/médicale terminée

2025-12-15

Examen de l’étiquetage terminé

2025-12-15

Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques

2025-12-16

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.

5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l'égard de Tryngolza?

Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d'être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.

À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Tryngolza. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.

Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?

Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Tryngolza? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.

7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

L’olezarsen est un oligonucléotide antisens conjugué à une N-acétylgalactosamine tri-antennaire (GalNAc3) qui se lie à l’acide ribonucléique messager (ARNm) de l’apolipoprotéine C-III (apoC-III), entraînant une dégradation de l’ARNm médiée par la ribonucléase H1 et résultant en une diminution des triglycérides grâce à une réduction de la protéine apoC-III sérique.

L’apolipoprotéine C-III est une glycoprotéine synthétisée principalement dans le foie et est un puissant inhibiteur de la lipoprotéine lipase, l’enzyme principale responsable de l’hydrolyse des triglycérides plasmatiques. De plus, la protéine apoC-III régule également le métabolisme des lipoprotéines riches en triglycérides par des voies autonomes de lipoprotéine lipase. Ces voies jouent un rôle important chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale, qui présentent une déficience de l’activité de la lipoprotéine lipase et un risque considérablement accru de pancréatite aiguë.

Dans le cadre de l’étude Balance de phase III décrite dans la section Efficacité clinique, Tryngolza a été administré par voie sous-cutanée à l’aide d’une formulation en fiole pour les doses de 50 mg et 80 mg. En revanche, des formulations d’auto-injecteur de 50 mg et 80 mg ont été introduites dans l’étude de prolongation ouverte de phase III, (ISIS 678354-CS13), représentant la présentation commerciale prévue. Ainsi, une étude de bioéquivalence, ISIS 678354-CS20, a été réalisée pour relier les deux formulations sous-cutanées à deux niveaux de dose.

L’étude ISIS 678354-CS20 était une étude de bioéquivalence à dose unique, randomisée, ouverte, à deux périodes et croisée, réalisée dans des conditions de jeûne chez des participants adultes en bonne santé. L’objectif était de relier deux formulations sous-cutanées à deux niveaux de dose comme suit :

  • autoinjecteur (62,5 mg/ml [Traitement A]) et fiole (100 mg/ml [Traitement B]) à la dose de 50 mg;

  • autoinjecteur (100 mg/ml [Traitement C]) et fiole (100 mg/ml [Traitement D]) à la dose de 80 mg.

Les résultats globaux de l’étude ISIS 678354-CS20 ont montré que les normes canadiennes actuelles pour déterminer la biodisponibilité comparative du produit test (auto-injecteur) et du produit de référence (fiole) ont été respectées pour la dose de 50 mg (Traitement A contre Traitement B) et la dose de 80 mg (Traitement C contre Traitement D). Ces normes ont été respectées sur des paramètres transformés par logarithme calculés à partir des données mesurées. Les normes ont également été respectées lorsqu’une correction de dose livrée (basée sur le volume) a été appliquée aux données. Les résultats de l’étude ISIS 678354-CS20 ont donc démontré que l’administration sous-cutanée de Tryngolza au moyen d’un auto-injecteur était comparable à l’administration à partir d’une fiole à l’aide d’une seringue.

Efficacité clinique

L’efficacité clinique de Tryngolza a été démontrée dans une seule étude pivot, ISIS 678354-CS3, désignée ici comme l’étude Balance. Cette étude de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo et multicentrique, a inclus 66 patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale confirmé génétiquement, avec des niveaux de triglycérides à jeun d’au moins 880 mg/dl (≥10 mmol/l). Les patients ont fait l’objet d’un dépistage et ont été inscrits en fonction de variantes de perte de fonction documentées dans des gènes associés à une déficience complète ou partielle en lipoprotéine lipase, une enzyme qui hydrolyse les triglycérides transportés par des lipoprotéines riches en triglycérides en acides gras libres.

Après le dépistage, les patients les patients admissibles ont participé à une période de stabilisation ou de réglage de régime de quatre à huit semaines durant laquelle ils adhéraient à un régime ne contenant pas plus de 20 grammes de matières grasses par jour. Les patients ont ensuite été randomisés pour recevoir soit Tryngolza 50 mg (Cohorte A) soit Tryngolza 80 mg (Cohorte B) dans un rapport de 1:1. Chaque cohorte a ensuite été randomisée dans un rapport de 2:1 pour recevoir des doses mensuelles de Tryngolza ou un volume de placebo correspondant, respectivement.

Les patients de la cohorte A ont reçu soit 50 mg de Tryngolza, soit un placebo de volume équivalent (0,5 ml) une fois toutes les 4 semaines. Les patients de la cohorte B ont reçu 80 mg de Tryngolza ou un placebo de volume équivalent (0,8 ml) une fois toutes les 4 semaines. Le counseling diététique a commencé au début de la période de stabilisation/réglage du régime et a été renforcé à intervalles réguliers tout au long des périodes de traitement et de suivi.

Au cours de la phase de traitement de l’étude, des échantillons de chimie sanguine et de lipides ou d’apolipoprotéines ont été prélevés environ toutes les quatre semaines pour évaluer l’effet de Tryngolza sur les taux de triglycérides à jeun, le paramètre principal étant le pourcentage de variation par rapport au niveau de référence des taux de triglycérides à jeun au mois 6 par rapport au placebo.

À la suite de la visite de la Semaine 53, les patients admissibles pouvaient ensuite choisir de s’inscrire à une étude de prolongation ouverte, ISIS 678354-CS13. Les patients ayant refusé de participer ont intégré une période d’évaluation post-traitement de 13 semaines.

Les données démographiques et les caractéristiques de référence des patients étaient généralement comparables entre les trois groupes de traitement. À l’inscription, la proportion de patients atteints de diabète était de 32 % dans le groupe Tryngolza 80 mg, de 14 % dans le groupe Tryngolza 50 mg et de 26 % dans le groupe recevant le placebo. Dans tous les groupes, les patients prenaient des statines (24 %), des acides gras oméga-3 (38 %), des fibrates (46 %) ou d’autres thérapies hypolipidémiantes (9 %) au début de l’étude. Dans l’ensemble, 71 % des patients avaient des antécédents documentés de pancréatite aiguë au cours des 10 années précédentes. Le niveau moyen de triglycérides à jeun au départ était de 2 629,5 (1 315,45) mg/dl (29,71 [14,86] mmol/l).

Le principal paramètre d’efficacité était la variation moyenne en pourcentage des taux de triglycérides à jeun par rapport au niveau de référence jusqu’au mois 6 comparativement au placebo. Parmi les 66 patients inscrits, 23 patients ont reçu un placebo, 21 patients ont reçu Tryngolza 50 mg, et 22 patients ont reçu Tryngolza 80 mg toutes les 4 semaines pendant une période de traitement de 53 semaines.

Les résultats de l’étude Balance ont montré que la variation moyenne en pourcentage ajustée au placebo des taux de triglycérides à jeun entre le niveau de référence et le mois 6 pour le groupe traité au Tryngolza 80 mg était de ‑42,5 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : ‑69,085, ‑17,921) en faveur de Tryngolza 80 mg par rapport au placebo avec une valeur de p statistiquement significative de <0,05. En revanche, la différence entre le groupe de traitement Tryngolza 50 mg et le groupe recevant le placebo n’était pas statistiquement significative. Cette force de dosage n’a pas été proposée pour l’autorisation de mise sur le marché par le promoteur.

D’autres paramètres de l’étude comprenaient une comparaison des événements liés à la pancréatite aiguë au mois 12 après le début du traitement par Tryngolza par rapport au placebo. Au mois 12, on a observé une réduction pertinente de l’incidence de la pancréatite aiguë, avec 11 événements déclarés dans le groupe recevant le placebo et un événement déclaré dans le groupe de traitement par Tryngolza 80 mg.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Tryngolza a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication proposée suivante, que Santé Canada a ensuite approuvée :

Tryngolza (injection d’olezarsen) est indiqué comme complément à un régime alimentaire chez les patients adultes pour le traitement du syndrome de chylomicronémie familiale.

Santé Canada a approuvé l'indication suivante : 

Tryngolza (olezarsen injectable) est indiqué en complément au régime alimentaire chez les patients adultes pour le traitement du syndrome de chylomicronémie familiale afin de réduire les niveaux de triglycérides.

Les patients inclus dans l’essai pivot pour Tryngolza étaient des patients atteints d’un syndrome de chylomicronémie familiale confirmés génétiquement.

Même si l’étude Balance ne portait que sur les patients atteints d’un syndrome familial de chylomicronie confirmé génétiquement, Santé Canada a accepté une indication révisée fondée sur la justification selon laquelle tous les patients atteints d’un syndrome familial de chylomicronie n’ont pas accès à des tests génétiques. De plus, le mécanisme d’action de Tryngolza (c’est-à-dire, ciblant l’apoC‑III) devrait abaisser les taux de triglycérides chez tous les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale. Étant donné que l’étude Balance n’incluait que des patients ayant un syndrome de chylomicronémie familiale confirmé génétiquement, une déclaration de limitation d’usage a été ajoutée à l’indication pour informer le prescripteur.

Analyse globale de lefficacité

Dans l’ensemble, le profil d’avantages-effets nocifs-incertitudes était favorable pour Tryngolza 80 mg en injection sous-cutanée mensuelle, en complément d’un régime alimentaire, pour le traitement des patients adultes atteints du syndrome de chylomicronémie familiale afin de réduire les taux de triglycérides lorsqu’il est utilisé dans les conditions d’emploi recommandées dans la monographie de produit Tryngolza. Par conséquent, un Avis de conformité a été recommandé par Santé Canada.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tryngolza approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

L’innocuité clinique de Tryngolza a été évaluée sur la base des données d’innocuité provenant de l’étude Balance et de deux études ouvertes intermédiaires, ISIS 678354-CS13 et ISIS 678354-CS7. L’étude ISIS 678354-CS13 est une prolongation ouverte de l’étude Balance, dans laquelle tous les patients atteints de syndrome de chylomicronémie familiale ont continué ou sont passés à Tryngolza 80 mg. L’étude ISIS 678354-CS7 est une étude ouverte en cours chez des patients atteints de syndrome de chylomicronémie familiale qui ont été précédemment traités au volanesorsen.

La réaction indésirable la plus courante dans l’analyse combinée de l’innocuité (89 patients) était l’érythème au site d’injection (17 %), les frissons (7 %), la myalgie (7 %), la douleur au site d’injection (6 %) et l’hypersensibilité (2 %). Les réactions indésirables graves qui ont été déclarées comprenaient des événements indésirables liés au traitement par saignement (2 %), des événements indésirables hépatiques (1 %) et des décès subits (1 %). Aucune mort n’a été considérée comme liée au médicament de l’étude par le chercheur.

Dans l’étude Balance (66 patients), les réactions indésirables les plus courantes survenues chez au moins 5 % des patients, et qui se sont produites plus fréquemment chez les patients traités par Tryngolza (43 patients) par rapport aux patients traités par placebo (23 patients), étaient des réactions au site d’injection (8 [19 %] patients contre 2 [9 %] patients), une diminution du nombre de plaquettes (5 [12 %] patients contre 1 [4 %] patient), et des arthralgies (4 [9 %] patients contre 0 % de patients). Des réactions indésirables entraînant l’arrêt du traitement sont survenues chez 7 % des patients ayant reçu Tryngolza, comparativement à 0 % des patients ayant reçu un placebo. Les réactions d’hypersensibilité étaient la raison la plus courante de l’abandon du Tryngolza. Des réactions d’hypersensibilité (y compris des symptômes tels que bronchospasme, érythème diffus, œdème facial, urticaire, frissons, myalgie) ont été déclarées. Selon les données, une réaction d’hypersensibilité grave peut survenir après plusieurs expositions au médicament ou après une exposition initiale. Si une réaction d’hypersensibilité sévère se produit, il est conseillé dans la monographie de produit d’interrompre immédiatement l’utilisation de Tryngolza.

Les événements indésirables d’intérêt particulier comprenaient la thrombocytopénie. Dans l’étude Balance, une proportion plus élevée de patients dans le groupe Tryngolza 80 mg (3 [13 %] patients) a présenté des événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT) liés à la thrombocytopénie par rapport au groupe recevant le placebo (1 [4,3 %] patient). Dans l’ensemble, une plus grande proportion de patients du groupe Tryngolza 80 mg (59,1 %) a connu deux épisodes ou plus de numérations plaquettaires inférieures à la limite de la normale par rapport au groupe placebo (30,4 %). Cependant, une proportion similaire de patients dans le groupe recevant le placebo (13 %) a connu une réduction du nombre de plaquettes d’au moins 50 % dans le groupe traité au Tryngolza 80 mg (13 %). Les patients présentant des EIT liés à la thrombocytopénie n’ont pas connu d’événements hémorragiques majeurs concomitants. Une diminution des plaquettes et une thrombocytopénie ont été incluses dans la monographie de produit Tryngolza, accompagnées d’une recommandation d’obtenir un nombre de plaquettes de référence et à effectuer un suivi pendant le traitement.

Une augmentation modeste du cholestérol à lipoprotéines de faible densité, de l’apolipoprotéine B, du glucose à jeun et de l’hémoglobine A1C a été observée au fil du temps avec le traitement par Tryngolza dans la population atteinte du syndrome de chylomicronémie familiale lors de l’étude pivot. Ces données ont été incluses dans la monographie de produit Tryngolza avec une recommandation d’obtenir des niveaux de référence et de surveiller pendant le traitement par Tryngolza, selon les indications cliniques.

Les événements cardiovasculaires indésirables majeurs (ECIM) étaient numériquement plus élevés chez les patients traités par Tryngolza dans l’étude à l’appui réalisée dans une population atteinte de syndrome de chylomicronémie non familiale avec une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (MCVA) ou à risque accru de développer une MCVA, étude ISIS 678354-CS8. Aucun patient atteint du syndrome de chylomicronémie familiale traité par Tryngolza n’a présenté de composants d’ECIM jugés, y compris le décès cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde non fatal, l’accident vasculaire cérébral ischémique non fatal et la revascularisation artérielle, ayant été évalués comme étant liés au médicament de l’étude. Il a été recommandé dans la Monographie de produit Tryngolza d’évaluer les comorbidités du patient avant le traitement par Tryngolza.

Au moment de l’autorisation de mise sur le marché, les données sur l’innocuité de l’usage de Tryngolza chez les patients atteints du syndrome de chylomicronémie familiale étaient limitées. Bien que le risque de thrombocytopénie et d’événements hémorragiques ou de toxicité hépatique ou rénale n’ait pas été entièrement élucidé au cours du développement clinique, ces réactions indésirables ont été observées avec certains autres oligonucléotides antisens et ne peuvent pas être complètement exclues.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tryngolza approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

L’examen non clinique de Tryngolza (olezarsen) comprenait des études pharmacologiques, de pharmacocinétique et de toxicité générale. Ces études ont été réalisées chez des souris et des macaques de Buffon par voie sous-cutanée, reflétant l’usage prévu dans les études cliniques humaines.

L’olezarsen a démontré une activité pharmacologique cohérente avec son mécanisme d’action prévu, les évaluations de l’innocuité pharmacologique ne montrant aucun effet indésirable sur la fonction cardiovasculaire, respiratoire ou du système nerveux central à des niveaux d’exposition dépassant les niveaux cliniques.

Les résultats des études de toxicologie ont démontré qu’olezarsen était généralement bien toléré à travers divers niveaux de dose chez les souris et les macaques de Buffon. Chez les souris, les doses testées variaient de 2 à 24 mg/kg/semaine, et chez les singes, de 2 à 30 mg/kg/semaine. Une constatation courante dans les deux espèces comprenait des granules basophiles dans le foie, les reins, les ganglions lymphatiques et d’autres tissus. Ces constatations sont communes aux oligonucleotides et représentent des données probantes histologiques de l’accumulation intracellulaire d’oligonucleotides. Les principales conclusions comprenaient des variations de poids des organes (foie, rate) dépendants de la dose, des augmentations des enzymes hépatiques (c’est-à-dire, l’aspartate aminotransférase et l’alanine aminotransférase), et des altérations hématologiques.

Selon des études d’interaction médicamenteuse in vitro, l’olezarsen a un faible potentiel d’interactions médicamenteuses car il n’est pas métabolisé par des voies classiques (enzymes cytochrome P450 et uridine 5’-diphospho-glucuronosyltransférase) ni n’interagit avec des transporteurs.

L’olezarsen n’a pas montré de potentiel génotoxique in vitro ou in vivo. Dans une étude de toxicité reproductive chez les souris, il n’y avait aucun effet lié au traitement sur la fertilité, le développement embryonnaire ou la santé reproductive à des doses allant jusqu’à 20 mg/kg. Des études sur la carcinogénicité n’ont pas été menées pour l’olezarsen, qui a été accepté en raison de similitudes avec le volanesorsen (la forme non conjuguée de l’olezarsen). Le promoteur a fourni les déclarations des études pertinentes avec le volanesorsen et elles ont été examinées dans cette présentation. Dans des études de carcinogénicité avec le volanesorsen, menées chez des souris et des rats, une incidence accrue de carcinomes hépatocellulaires, de fibrosarcomes malins, d’hémangiosarcomes et de sarcomes histiocytaires a été observée. Ces tumeurs sont considérées comme une réaction à une irritation et une inflammation chroniques des tissus causées par des injections sous-cutanées répétées, et ont été signalées avec d’autres oligonucléotides antisens. La pertinence clinique de ces résultats est incertaine. La dépendance aux données provenant du volanesorsen en raison de l’absence d’études directes sur la cancérogénicité et de données complètes sur la toxicité reproductive de l’olezarsen introduit une incertitude quant aux résultats. Les principaux résultats du programme non clinique ainsi que les risques et incertitudes potentiels liés aux humains sont inclus dans la monographie de produit Tryngolza.

En conclusion, selon les études non cliniques présentés dans la présentation de drogue nouvelle de Tryngolza, les données ont été jugées adéquates et acceptables pour l’évaluation des aspects non cliniques.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tryngolza approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) de Tryngolza montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé dans un réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C) et à l’abri de la lumière.

Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques, selon le cas.

Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n'est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.

Aucun excipient d'origine humaine ou animale n'est utilisé pour la fabrication du produit médicamenteux.