Sommaire des motifs de décision portant sur Breyanzi

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Breyanzi est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Breyanzi

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Breyanzi, un produit dont l’ingrédient médicinal est lisocabtagène maraleucel. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2024-12-23

Identification numérique de drogue (DIN) :

DIN 02527138 - 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T viables positifs pour le récepteur antigénique chimérique (CAR), suspension, administration intraveineuse

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

Résumé de l’examen de l’innocuité

Sans objet

Publié 2024-12-11

Résumé de l’examen de l’innocuité publié pour Breyanzi (lisocabtagène maraleucel), Carvykti (ciltacabtagène autoleucel), Kymriah (tisagenlecleucel), Tecartus (brexucabtagène autoleucel) et Yescarta (axicabtagène ciloleucel) - Thérapies par lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique (CAR-T) (Évaluation du risque potentiel de tumeurs malignes secondaires liées aux lymphocytes T).

SPDN Nº 279827

2023-10-11

Délivrance d’un AC 2024-09-25

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour une nouvelle indication. L'indication autorisée était : Breyanzi pour le traitement du lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision (SAP), de lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB), de lymphome à cellules B de haut grade et de LDGCB issu d’un lymphome folliculaire, chez les patients adultes ayant rechuté dans les 12 mois après la fin de la première ligne de chimio-immunothérapie, ou qui y sont réfractaires, et qui sont candidats à une greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues (GCSHA). La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.

PM Nº 287281

2024-05-28

Délivrance d’une LNO 2024-08-29

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) pour un changement au contenant/dispositif de fermeture primaire pour l'entreposage et le transport de la substance médicamenteuse. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

PM Nº 285062

2024-03-15

Délivrance d’une LNO 2024-07-22

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) pour un changement aux contrôles (essais en cours de fabrication et/ou critères d'acceptation) appliqués pendant le procédé de fabrication de la substance médicamenteuse ou relativement aux produits intermédiaires et une changement à l’étape de la fermentation de la substance médicamenteuse. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

PM Nº 285325

2024-03-26

Délivrance d’une LNO 2024-07-10

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) pour les changements aux banques de cellules, les changements au site de fabrication de la substance médicamenteuse et les changements à la durée de conservation de la substance médicamenteuse ou d'un intermédiaire entreposé de la substance médicamenteuse. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

SPDN Nº 282615

2024-01-08

Délivrance d’un AC 2024-06-10

Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Encadré « Mises en garde et précautions importantes », Mises en gardes et précautions et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.

PDN Nº 282998

2024-01-22

Délivrance d’un AC 2024-03-06

Présentation déposée visait le transfert de la propriété du produit médicamenteux de Celgene Inc. à Bristol-Myers Squibb Canada. Un AC a été délivré.

Nouvel examen de l’innocuité et l’efficacité

Sans objet

Débuté entre 03-01 et 2024-03-31

Santé Canada a débuté  un nouvel examen de l’innocuité et de l’efficacité pour Breyanzi, Tecartus, Kymriah, Yescarta et Carvykti lié à l’affection maligne des lymphocytes T (cancer qui se forme dans les globules blancs, appelés lymphocytes T).

PM Nº 279001

2023-09-08

Délivrance d’une LNO 2023-12-22

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) pour les changements aux spécifications relatives à la libération de la substance médicamenteuse ou à la durée de conservation. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

PDN Nº 247562

2020-12-17

Délivrance d’un AC 2022-05-06

Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Breyanzi

SMD émis le : 2022-08-16

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Breyanzi.

Lisocabtagène maraleucel

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02527138 – 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T viables positifs pour le récepteur antigénique chimérique (CAR), suspension, administration intraveineuse

Celgene Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 247562

 

Le 6 mai 2022, Santé Canada a émis à l’intention de Celgene Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Breyanzi.

L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages‑risques de Breyanzi est considéré comme étant favorable pour le traitement des patients adultes atteints d’un lymphome à grandes cellules B récidivant ou réfractaire (R/R) après au moins deux cycles de traitements systémiques, incluant les cas de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision, de lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB), de lymphome à cellules B de haut grade et de LDGCB issu d’un lymphome folliculaire.

 

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Breyanzi, un agent antinéoplasique, a été autorisé pour le traitement des patients adultes atteints d’un lymphome à grandes cellules B récidivant ou réfractaire (R/R) après au moins deux cycles de traitements systémiques, incluant les cas de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision, de lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB), de lymphome à cellules B de haut grade et de LDGCB issu d’un lymphome folliculaire.

D’après les données examinées par Santé Canada, l’innocuité et l’efficacité de Breyanzi dans la population pédiatrique (moins de 18 ans) n’ont pas été démontrées. Par conséquent, l’indication d’utilisation pédiatrique n’est pas autorisée par Santé Canada.

Dans l’étude clinique sur Breyanzi, 71 (40 %) des 176 patients étaient âgés de 65 ans ou plus, et 15 (9 %) avaient 75 ans ou plus.

Breyanzi (60 × 106 to 120 × 106 lymphocytes T viables positifs pour le récepteur antigénique chimérique [CAR+]) se présente sous forme d’une suspension cellulaire pour perfusion intraveineuse. En plus de l’ingrédient médicinal, la suspension contient l’acide caprylique, le CryostorMD CS10, l’albumine humaine, le chlorure de magnésium, le N‑acétyl‑DL‑tryptophane, le chlorure de potassium, l’acétate de sodium trihydraté, l’chlorure de sodium, le gluconate de sodium, et l’eau pour injection.

L’utilisation de Breyanzi est contre-indiquée chez les patients ayant une hypersensibilité à l’un de ses ingrédients, y compris les ingrédients non médicinaux, ou à un composant du contenant.

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit de Breyanzi est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

 

2 Pourquoi Breyanzi a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime que Breyanzi a un profil avantages‑risques favorable pour le traitement des patients adultes atteints d’un lymphome à grandes cellules B récidivant ou réfractaire (R/R) après au moins deux cycles de traitements systémiques, incluant les cas de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision, de lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB), de lymphome à cellules B de haut grade et de LDGCB issu d’un lymphome folliculaire.

Le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) est le sous‑type histologique le plus courant du lymphome non hodgkinien (LNH). Seul un faible pourcentage de patients qui sont réfractaires au traitement initial ou qui connaissent une rechute après une réponse initiale connaîtront une survie sans récidive prolongée avec une chimio‑immunothérapie de sauvetage uniquement. L’incidence du LNH au Canada est d’environ sept cas par 100 000 personnes. Le lymphome diffus à grandes cellules B est considéré comme le sous‑type le plus agressif de tous les LNH. Le LNH indolent est également appelé lymphome à croissance lente ou lymphome de faible degré de malignité et le sous‑type le plus courant est le lymphome folliculaire.

La chimio‑immunothérapie standard (rituximab jumelé à du cyclophosphamide, de la doxorubicine, de la vincristine et de la prednisone [R‑CHOP]) est curative chez environ 60 % des patients. Cependant, on estime que de 20 % à 30 % des patients ont une rechute après une première rémission et que 10 % de ces patients ont une maladie réfractaire primaire. Pour une première rechute qui est chimiosensible, une chimiothérapie à haute dose avec greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues (GCSHA) est une option de traitement. Toutefois, dans environ 50 % des cas, les patients en rechute sont résistants à la chimiothérapie de deuxième ligne, ce qui ne permet pas une GCSHA, et ils peuvent avoir des comorbidités qui excluent également la greffe.

Au Canada, il n’existe aucun régime thérapeutique normalisé universel pour les patients atteints de LDGCB après l’échec d’au moins deux lignes de traitement. La GSCHA allogénique peut produire des rémissions durables chez un sous‑ensemble de patients. Cependant, les patients qui ne sont pas en mesure de maîtriser suffisamment la maladie avec un traitement de sauvetage ne sont habituellement pas des candidats pour une GCSHA allogénique en raison du risque élevé de rechute.

Breyanzi (lisocabtagène maraleucel) est une immunothérapie cellulaire autologue génétiquement modifiée (provenant du patient) mise au point pour reconnaître la classe de différenciation (CD) 19 des cellules B. Les lymphocytes T du patient sont transduits avec un vecteur lentiviral encodant un récepteur d’antigène chimérique (CAR) propre à la CD19, exprimée sur la surface des cellules. La protéine CD19 est présente à la surface de toutes les cellules de la lignée des cellules B, y compris les cellules malignes qui composent les lymphomes à grandes cellules B. Lorsque Breyanzi est perfusé au patient, les CAR anti‑CD19 présents sur les lymphocytes T interagissent avec le CD19 exprimé sur les cellules B, ce qui active une cascade de signalisation qui entraîne l’élimination des cellules exprimant le CD19.

Au moment de l’autorisation de commercialisation de Breyanzi, deux traitements aux cellules CAR‑T ciblant le CD19 étaient autorisés pour le traitement du LDGCB : le tisagenlecleucel et l’axicabtagène ciloleucel. Le polatuzumab védotine et le tafasitamab ont également été autorisés pour le traitement du LDGCB.

Contrairement aux produits de traitement cellulaire antérieurs, le produit pharmaceutique final pour Breyanzi comprend deux composants distincts : un composant CD8‑positif (CD8+) et un composant CD4‑positif (CD4+), présents dans une gamme de rapports de 0.8 à 1.2. Chaque composant est fabriqué séparément. L’intervalle cible pour le nombre combiné de lymphocytes T viables CAR positifs (CAR+) provenant des deux composants est de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T.

On a évalué l’efficacité, l’innocuité et la pharmacologie de Breyanzi dans le cadre d’une étude clinique ouverte à un seul groupe, l’étude TRANSCEND (017001). Cette étude a été effectuée chez des patients adultes atteints de divers sous‑types de LNH à cellules B récidivants ou réfractaires après au moins deux lignes de traitement ou après une GCSHA. Comme l’étude TRANSCEND était une étude de phase I, les patients ont été traités avec différents niveaux de dose et schémas posologiques. L’analyse de l’efficacité était axée sur les patients qui ont reçu une seule perfusion de Breyanzi dans l’intervalle de doses proposé pour l’autorisation de commercialisation (de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T CAR+), ci‑après appelée la cohorte DL2S.

Dans la cohorte DL2S, 176 patients âgés de 18 à 79 ans ont été traités au moyen de Breyanzi. L’âge moyen était de 63 ans. Le nombre moyen de traitements systémiques antérieurs était de trois, 46 % des patients ayant reçu deux régimes antérieurs et 52 % des patients ayant reçu trois régimes antérieurs ou plus. À la suite du traitement, 168 patients étaient évaluables au niveau de l’efficacité. Huit des 176 patients n’ont pas pu être évalués pour l’efficacité parce qu’ils n’ont pas obtenu de résultat positif à la tomographie par émission de positrons (TEP) au départ ou de confirmation de résultat positif à la TEP après un traitement anticancéreux visant à maîtriser la maladie selon l’évaluation d’un comité d’examen indépendant (CEI).

Le principal paramètre axé sur la tumeur était le taux de réponse objectif (TRO), qui a été évalué par un CEI et fondé sur la classification de Lugano (2014). Les paramètres secondaires comprenaient le taux de réponse complet et la durée de la réponse (DR) déterminée par un CEI. On a déterminé que le TRO était de 73,8 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 66,5, 80,3). La DR médiane était de 16,8 mois (intervalle : 6,0 – non atteint). Le taux de réponse complet était de 52,4 % (IC à 95 % : 44,5, 60,1) et le taux de réponse partiel était de 21,4 % (IC à 95 % : 15,5, 28,4). Les durées de réponse étaient plus longues chez les patients qui ont obtenu une réponse complète, comparativement aux patients qui ont obtenu la meilleure réponse partielle.

L’évaluation de l’innocuité clinique comprenait 213 patients qui ont reçu une dose de Breyanzi dans l’intervalle de doses proposé pour l’autorisation de commercialisation. Les patients inclus dans cette évaluation ont participé à la principale étude clinique, l’étude TRANSCEND, ou à une étude de soutien, l’étude TRANSCEND WORLD (BCM‑001).

Les événements indésirables les plus courants tous grades confondus (signalés chez ≥ 20 % des patients), par ordre du plus commun au moins commun, étaient la fatigue, le syndrome de libération de cytokines (SRC), les maux de tête, les nausées, la diarrhée, l'encéphalopathie, l'hypotension, la toux, les infections - pathogène non spécifié, la pyrexie, les douleurs abdominales, la constipation et les étourdissements.

Les effets indésirables de grade 3 ou plus les plus fréquents (> 2 %) ont été les infections ‑ pathogène non spécifié, la neutropénie fébrile, l'encéphalopathie, l'hypotension, les douleurs abdominales, l'aphasie, le CRS, la diminution de l'appétit, le délire, les vertiges, la dyspnée, l'hémorragie gastro-intestinale, l'infection bactérienne et l'insuffisance rénale. Des effets indésirables de grade 5 (fatals) ont été rapportés chez 7 patients (la cardiomyopathie, la leucoencéphalopathie [attribuée à une exposition antérieure à la fludarabine], le choc septique [considéré comme non lié à Breyanzi], la septicémie à candida, l’hémorragie pulmonaire, le syndrome de dysfonctionnement d'organes multiples et l’insuffisance respiratoire).

Un encadré sur les Mises en garde et précautions importantes de la monographie de produit de Breyanzi souligne les risques de SLC et de toxicités neurologiques. Des lignes directrices et des directives à l’appui de l’utilisation sécuritaire de Breyanzi sont incluses dans la monographie de produit.

Dans l’ensemble, les données examinées indiquent que Breyanzi a eu un effet positif sur les paramètres axés sur la tumeur dans un groupe de patients qui n’ont pas d’options de traitement normalisé après avoir reçu au moins deux lignes de traitement antérieures.

Celgene Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Breyanzi. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d’innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.

Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Breyanzi qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.

Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Breyanzi a été accepté.

D’après les données non cliniques et les études cliniques, Breyanzi présente un profil d’innocuité acceptable. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et une surveillance adéquate. La monographie de produit de Breyanzi comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées.

Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Breyanzi?

 

L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Breyanzi était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États‑Unis et l’Agence européenne des médicaments (EMA) ont été utilisés comme références ajoutées, conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Breyanzi a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

 

Étapes importantes de la présentation: Breyanzi

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation 2020-06-23
Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle 2020-12-17
Examen préliminaire  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire émise 2021-02-05
Examen  
Demande accordée pour interrompre l'examen pour 90 jours (extension à la réponse d'une demande de clarification) 2021-10-13
Demande accordée pour interrompre l'examen pour 90 jours (extension à la réponse d'une demande de clarification) 2021-12-24
Demande accordée pour interrompre l'examen pour 22 jours (extension à la réponse d'une demande de clarification) 2022-02-25
Évaluation du plan de gestion des risques terminée 2022-04-11
Évaluation de la qualité terminée 2022-04-29
Évaluation non clinique terminée 2022-05-02
Évaluation clinique/médicale terminée 2022-05-05
Évaluation biostatistique terminée 2022-05-05
Examen de l'étiquetage terminé 2022-05-05
Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques 2022-05-06

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d’activités post‑commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Tel que décrit ci‑dessus, l’examen de l’élément clinique de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Breyanzi a été effectué selon la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada.

Pharmacologie clinique

Breyanzi se compose de lymphocytes T autologues (provenant du patient) et génétiquement modifiés, qui expriment un récepteur antigénique chimérique (CAR) dirigé contre la classe de différenciation (CD) 19 des cellules B. La protéine CD19 est présente à la surface de toutes les cellules de la lignée des cellules B, y compris les cellules malignes qui composent les lymphomes à grandes cellules B. Lorsque Breyanzi est perfusé au patient, les CAR anti‑CD19 présents sur les lymphocytes T interagissent avec le CD19 exprimé sur les cellules B, ce qui active une cascade de signalisation qui entraîne l’élimination des cellules exprimant le CD19.

On a évalué la pharmacocinétique et la pharmacodynamique de Breyanzi au cours de l’étude clinique principale, l’étude TRANSCEND (décrite dans la section Efficacité clinique). Les patients inclus dans l’évaluation ont reçu une dose de Breyanzi à l’un des trois niveaux de dose cibles : 50 × 106 lymphocytes T CAR positifs (CAR+); 100 × 106 lymphocytes T CAR+ et 150 × 106 lymphocytes T CAR+.

À la suite de la perfusion de Breyanzi, les réponses pharmacodynamiques ont été évaluées sur une période de quatre semaines en mesurant l’élévation transitoire de biomarqueurs solubles. L’élévation maximale des biomarqueurs solubles a été observée dans les 14 premiers jours suivant la perfusion de Breyanzi, le retour aux valeurs initiales se produisant dans les 28 jours. Une aplasie des lymphocytes B (définie comme un nombre de lymphocytes B CD19 positifs représentant moins de 3 % des lymphocytes du sang périphérique) est un effet cible de Breyanzi. Cet effet a été observé chez la majorité des patients jusqu’à un an après la perfusion de Breyanzi.

Après la perfusion, on a observé une expansion initiale de Breyanzi, suivie d’un déclin biexponentiel. Le temps médian à l’expansion maximale dans le sang périphérique était de 11 jours après la perfusion et Breyanzi était présent dans le sang périphérique pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans.

La concentration plasmatique maximale médiane (Cmax) était 2,17 fois plus élevée chez les répondants (nombre de patients [n] = 122) que chez les non‑répondants (n = 35), respectivement à 32 093,2 et à 14 776,0 copies/µg. L’exposition médiane mesurée par la surface sous la courbe de concentration en fonction du temps (SSC) du jour 0 au jour 28 (SSC0‑28j) était 1,92 fois plus élevée chez les répondants que chez les non‑répondants à 265 237,5 et 138 183,9 copies/µg, respectivement.

Certains patients ont eu besoin de tocilizumab et de corticostéroïdes pour la gestion du syndrome de libération de cytokine (SLC) et des toxicités neurologiques, et ils ont été associés à des augmentations de Cmax médiane et de la SSC0‑28j médiane. Les valeurs médianes de Cmax et de SSC0‑28j étaient 3,87 fois et 3,69 fois plus élevées, respectivement, chez les patients traités au moyen du tocilizumab (n = 33) que chez les patients qui n’ont pas reçu du tocilizumab (n = 132). De même, les valeurs médianes de Cmax et de SSC0‑28j étaient 4,32 fois et 3,73 fois plus élevées, respectivement, chez les patients traités à l’aide de corticostéroïdes (n = 29) que chez les patients qui n’ont pas reçu de corticostéroïdes (n = 136).

Chez les patients âgés de moins de 65 ans (n = 98), la Cmax médiane était 2,48 fois plus élevée et la SCC0‑28j médiane était 2,64 fois plus élevée que les valeurs correspondantes observées chez les patients âgés de 65 ans et plus (n = 67). Le sexe, la race, l’origine ethnique et le poids corporel n’ont pas montré de relations claires avec la Cmax et la SSC0‑28j.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Breyanzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

Une étude clinique ouverte, l’étude TRANSCEND (017001), a été effectuée afin d’évaluer l’efficacité, l’innocuité et la pharmacologie de Breyanzi chez des patients adultes atteints d’un lymphome non hodgkinien (LNH) à cellules B récidivant ou réfractaire. Les patients inscrits à cette étude avaient divers sous‑types, notamment : un lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision (53 %); un LDGCB par suite de la transformation d’un lymphome indolent provenant d’un lymphome folliculaire (19 %); un lymphome de haut grade (15 %) et un lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB) (8 %).

Les patients admissibles à l’étude doivent avoir déjà été traités au moyen de l’anthracycline et du rituximab (ou un autre agent ciblant le CD20). Les patients doivent également avoir une maladie récidivante ou réfractaire après au moins deux lignes de traitement ou après une greffe de cellules souches hématopoïétiques autologue (GCSHA). Les patients ont été exclus de l’étude s’ils avaient une infection active par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) au moment du dépistage, ou s’ils avaient une infection systémique fongique, bactérienne ou virale non contrôlée ou toute autre infection au moment de la leucaphérèse ou de l’administration de Breyanzi. Les patients ayant une atteinte du système nerveux central (SNC) uniquement par tumeur maligne ont été exclus de l’étude, mais les patients ayant une atteinte secondaire du SNC ont pu participer à l’étude.

Comme l’étude TRANSCEND était une étude de phase I, les patients ont été traités avec différents niveaux de dose et schémas posologiques. Au cours de l’étude, le promoteur a décidé d’aller de l’avant avec les doses de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T CAR+ comme dose proposée pour l’autorisation de commercialisation en raison de données indiquant une plus longue durée de réponse sans incidence sur le profil d’innocuité. Par conséquent, l’analyse de l’efficacité était axée sur les patients qui ont reçu une seule perfusion de Breyanzi dans cet intervalle de doses (ci‑après appelée la cohorte DL2S).

Les patients ont pu recevoir une chimiothérapie de transition (traitement anticancéreux) en attendant que leurs cellules soient fabriquées. Dans ce cas, il a fallu éliminer le traitement antérieur avant de commencer la chimiothérapie de lymphodéplétion. Les patients recevant la chimiothérapie de lymphodéplétion ont été traités avec de la fludarabine (30 mg/m2/jour pendant trois jours) et du cyclophosphamide (300 mg/m2/jour pendant trois jours) avant le traitement au moyen de Breyanzi. Les doses de chimiothérapie de lymphodéplétion pouvaient être réduites à la discrétion de l’enquêteur et la chimiothérapie de lymphodéplétion avait pris fin de deux à sept jours avant la perfusion. Dans la cohorte DL2S, 176 des 227 patients (78 %) ont reçu Breyanzi (après deux lignes de traitement systémique). Les patients qui avaient subi la leucaphérèse mais qui n’avaient pas reçu la perfusion sont décédés, avaient une maladie progressive, n’étaient pas admissibles à la perfusion ou se sont retirés de l’étude.

Les patients de la cohorte DL2S ont reçu divers niveaux de lymphocytes T CAR+ dans l’intervalle allant de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T CAR+ (dose médiane de 92 × 106 lymphocytes T CAR+). Comme pour les autres traitements à lymphocytes T CAR+, il est difficile de déterminer la dose efficace minimale en raison des divers facteurs en cause, y compris l’état du patient au moment de la perfusion.

Au total, 176 patients âgés de 18 à 79 ans ont été traités au moyen de Breyanzi. L’âge moyen était de 63 ans. Les types d’histologie des cellules B représentés dans la population de patients comprenaient le LDGCB sans autre précision (n = 94), le LDGCB par suite de la transformation d’un lymphome folliculaire (n = 33), le lymphome à cellules B de haut grade (n = 26) et le LMPGCB (n = 14), pour lesquels un traitement au moyen de Breyanzi a été autorisé. Les autres types d’histologie des cellules B représentés dans cette population comprenaient le lymphome de la zone marginale (n = 4), la leucémie lymphoïde chronique/la leucémie à petits lymphocytes (n = 2), le lymphome folliculaire de grade 3B (LF3B) (n = 2) et la macroglobulinémie de Waldenström (n = 1). Pour les types d’histologie des cellules B non inclus dans l’indication, il n’y avait pas suffisamment de données pour faire une évaluation claire des avantages et des risques au moment de l’autorisation. Tous les patients avaient reçu au moins deux lignes de traitement. Le nombre moyen de traitements systémiques antérieurs était de trois, 46 % des patients ayant reçu deux régimes antérieurs et 52 % des patients ayant reçu trois régimes antérieurs ou plus.

L’analyse d’efficacité n’incluait que les patients qui ont reçu la dose proposée pour l’autorisation de commercialisation de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T CAR+, dont 168 patients évaluables pour l’efficacité. Huit des 176 patients n’ont pas pu être évalués pour l’efficacité parce qu’ils n’ont pas obtenu de résultat positif à la tomographie par émission de positrons (TEP) au départ ou de confirmation de résultat positif à la TEP après un traitement anticancéreux visant à maîtriser la maladie selon l’évaluation d’un comité d’examen indépendant (CEI).

Le principal paramètre axé sur la tumeur était le taux de réponse objectif (TRO), qui a été évalué par un CEI et fondé sur la classification de Lugano (2014). Les paramètres secondaires comprenaient le taux de réponse complet et la durée de la réponse (DR) déterminée par un CEI. On a déterminé que le TRO était de 73,8 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 66,5, 80,3). La DR médiane était de 16,8 mois (intervalle : 6,0 – non atteint). Le taux de réponse complet était de 52,4 % (IC à 95 % : 44,5, 60,1) et le taux de réponse partiel était de 21,4 % (IC à 95 % : 15,5, 28,4). Les durées de réponse étaient plus longues chez les patients qui ont obtenu une réponse complète, comparativement aux patients qui ont obtenu une réponse partielle comme meilleure réponse.

Dans l’ensemble, les données examinées indiquent que Breyanzi a eu un effet positif sur les paramètres axés sur la tumeur dans un groupe de patients qui n’ont pas d’options de traitement standard après avoir reçu au moins deux lignes de traitement antérieures.

Indication

L'indication proposée par le promoteur L'indication approuvée par Santé Canada
Breyanzi (lisocabtagène maraleucel) est une immunothérapie par lymphocytes T autologues génétiquement modifiés dirigée contre l'antigène CD19, indiquée pour :
  • le traitement de patients adultes atteints d'un lymphome à grandes cellules B récidivant ou réfractaire, incluant un lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision (y compris un LDGCB par suite de la transformation d'un lymphome indolent), un lymphome à cellules B de haut niveau, un lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB) et un lymphome folliculaire de grade 3B (LF3B) après au moins deux traitements antérieurs.
Breyanzi (lisocabtagène maraleucel) est une immunothérapie par lymphocytes T autologues génétiquement modifiés dirigée contre l'antigène CD19, indiquée pour :
  • le traitement des patients adultes atteints d'un lymphome à grandes cellules B récidivant ou réfractaire (R/R) après au moins deux cycles de traitements systémiques, incluant les cas de lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) sans autre précision, de lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB), de lymphome à cellules B de haut grade et de LDGCB issu d'un lymphome folliculaire.

L'indication proposée a été révisée pour mieux refléter la population de patients étudiée dans l'étude TRANSCEND.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Breyanzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

L’évaluation de l’innocuité clinique comprenait 213 patients qui ont reçu une dose de Breyanzi allant de 60 × 106 à 120 × 106 lymphocytes T CAR+ (la dose proposée pour l’autorisation de commercialisation) au cours de l’étude clinique principale, l’étude TRANSCEND (décrite dans la section Efficacité clinique) et d’une étude de soutien, l’étude TRANSCEND WORLD (BCM‑001).

Les événements indésirables les plus courants tous grades confondus (signalés chez ≥ 20 % des patients), par ordre du plus commun au moins commun, étaient la fatigue, le syndrome de libération de cytokines (SRC), les maux de tête, les nausées, la diarrhée, l'encéphalopathie, l'hypotension, la toux, les infections - pathogène non spécifié, la pyrexie, les douleurs abdominales, la constipation et les étourdissements.

Les effets indésirables de grade 3 ou plus les plus fréquents (> 2 %) ont été les suivants : les infections ‑ pathogène non spécifié, la neutropénie fébrile, l’encéphalopathie, l’hypotension, les douleurs abdominales, l’aphasie, le CRS, la diminution de l'appétit, le délire, les étourdissements, la dyspnée, l’hémorragie gastro-intestinale, l’infection bactérienne et l’insuffisance rénale. Des effets indésirables de grade 5 (fatals) ont été rapportés chez 7 patients (la cardiomyopathie, la leucoencéphalopathie [attribuée à une exposition antérieure à la fludarabine], le choc septique [considéré comme non lié à Breyanzi], la septicémie à candida, l’hémorragie pulmonaire, le syndrome de dysfonctionnement de plusieurs organes et l’insuffisance respiratoire).

Un encadré sur les Mises en garde et précautions importantes de la monographie de produit de Breyanzi souligne les risques de SLC et de toxicités neurologiques. Le taux d’incidence du SLC était de 38 %, avec 3 % des cas considérés comme étant de gravité de grade ≥ 3. On a signalé des troubles du système nerveux de tous les grades chez 28 % des patients, avec 9 % des cas ayant un niveau de gravité de grade 3 ou 4. Les patients devraient être surveillés pour détecter les signes de SLC après le traitement au moyen de Breyanzi, car des réactions mortelles ou potentiellement mortelles peuvent se produire. Le SLC grave ou mortel devrait être traité au moyen du tocilizumab avec ou sans corticostéroïdes. La perfusion de Breyanzi devrait être retardée si le patient a des événements médicaux graves non résolus. Des toxicités neurologiques se sont également produites à la suite d’un traitement au moyen de Breyanzi et elles peuvent être graves ou mortelles. Les toxicités neurologiques peuvent survenir simultanément avec le SLC, après la résolution du SLC ou en l’absence de ce dernier. Les patients devraient être surveillés pour détecter les événements neurologiques après le traitement au moyen de Breyanzi et des soins de soutien et des corticostéroïdes devraient être administrés au besoin. Breyanzi doit être administré sous la supervision de professionnels de la santé expérimentés dans le traitement des tumeurs hématologiques malignes dans un centre de traitement qualifié.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Breyanzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Tel que décrit ci‑dessus, l’examen de l’élément non clinique de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Breyanzi a été effectué selon la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada.

Les résultats des études pharmacologiques non cliniques ont démontré la spécificité contraignante du lisocabtagène maraleucel aux cellules exprimant la classe de différenciation (CD) 19 humaine. La réponse particulière du lisocabtagène maraleucel à des tumeurs exprimant la CD19 consiste en l’activation des lymphocytes T, la prolifération des lymphocytes T, la sécrétion de cytokine et l’activité cytolytique. On a observé une augmentation de la viabilité cellulaire lorsque les cellules exprimant les composants CD8 et CD4 étaient cultivées ensemble. L’expression du CD19 était absente ou faible dans la plupart des tissus normaux, sauf dans les lymphocytes B et les tissus dont la présence de lymphocytes B était élevée. Les résultats des études sur l’interaction médicamenteuse ont appuyé l’utilisation à venir du lisocabtagène maraleucel chez les patients qui effectuent un traitement standard ou qui pourraient avoir besoin d’un traitement complémentaire.

Les études non cliniques sur l’innocuité et la toxicologie comprenaient une étude de réactivité croisée des tissus humains, une cartographie des sites d’insertion génomique du vecteur lentiviral (VLV) dans les lymphocytes T transduits et une étude d’évaluation de la dépendance à l’interleukine‑2 (IL‑2) des cellules du lisocabtagène maraleucel. Les résultats ont démontré une réactivité croisée du domaine de liaison du lisocabtagène maraleucel vers les leucocytes mononucléaires dans divers tissus humains. On a détecté une réactivité croisée supplémentaire dans les hépatocytes du foie, de l’œsophage, des amygdales, du col de l’utérus et de la prostate. Cependant, on n’a pas observé de toxicité dans ces tissus. On n’a pas effectué d’essais de génotoxicité et d’études de cancérogénicité. Les études in vitro d’expansion effectuées chez des donneurs en bonne santé et chez des patients n’ont démontré aucune donnée probante de transformation et d’immortalisation et aucune intégration préférentielle à proximité de gènes préoccupants dans les cellules du lisocabtagène maraleucel.

Compte tenu de la nature du produit, on n’a effectué aucune étude non clinique de fertilité.

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour les humains ont été inclus dans la monographie de produit de Breyanzi. Compte tenu de l’utilisation prévue de Breyanzi, il n’existe aucun problème pharmacologique ou toxicologique dans cette présentation qui empêche l’autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Breyanzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

Tel que décrit ci‑dessus, l’examen de l’élément qualité de la Présentation de drogue nouvelle de Breyanzi a été effectué selon la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada.

Breyanzi est une suspension de lymphocytes T autologues (provenant du patient), isolée des cellules sanguines périphériques recueillies par leucaphérèse et génétiquement modifiées ex vivo pour exprimer un récepteur antigénique chimérique (CAR) dirigé contre l’antigène classe de différentiation (CD) 19 des lymphocytes B. La protéine CD19 est exprimée à la surface de toutes les cellules B, y compris les tumeurs de la lignée de cellules B. Un vecteur lentiviral (VLV) encodant le gène CAR anti‑CD19 transduit les lymphocytes T du patient et le CAR anti‑CD19 peut alors être exprimé à la surface de la cellule. Le processus de fabrication est continu, sans distinction entre la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique typique des médicaments biologiques. Les lymphocytes T anti‑CD19 autologues exprimant le CAR sont le produit cellulaire, le lisocabtagène maraleucel, commercialisé sous le nom de marque Breyanzi. À la suite de la perfusion de Breyanzi au patient, le CAR anti‑CD19 sur les lymphocytes T se lie avec le CD19 sur la surface des lymphocytes B. Cela active les lymphocytes T et déclenche une cascade de signalisation qui, en fin de compte, entraîne l’élimination des cellules exprimant le CD19.

Caractérisation de la substance médicamenteuse

Breyanzi (lisocabtagène maraleucel) se compose de lymphocytes T enrichis de CD8‑positifs (CD8+) et de CD4‑positifs (CD4+) selon un rapport défini, qui ont été activés séparément et transduits avec un VLV incapable de se répliquer encodant un CAR anti‑CD19. Le CAR pour Breyanzi est constitué d’une région de liaison d’un fragment variable à chaîne unique (scFv) propre au CD19 extracellulaire, d’une région charnière de l’immunoglobuline G4, du domaine transmembranaire CD28 et des domaines de signalisation CD3ζ et de costimulation 4‑1BB.

Les composants des produits pharmaceutiques CD8+ et CD4+ ont été caractérisés de façon exhaustive, y compris les caractéristiques moléculaires du CAR et les caractéristiques phénotypiques des cellules. On a également confirmé la fonctionnalité du produit pharmaceutique participant au mécanisme d’action, y compris l’activité du CAR spécifique au CD19. Les résultats ont confirmé que Breyanzi est un produit cellulaire de CD3‑positif (CD3+) très pur contenant principalement la mémoire d’effecteur de CD8+ ou de CD4+ et les lymphocytes T de la mémoire centrale, capable de fonctionnalités spécifiques du CD19 compatibles avec le mécanisme d’action proposé.

Procédé de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit pharmaceutique et contrôles du processus

Les étapes du processus de fabrication de VLV comprennent l’expansion de la cellule hôte, la transfection transitoire, la récolte, la purification, la formulation et le remplissage aseptique. Le processus de fabrication a été validé et les matières requises ont été qualifiées. De plus, les contrôles en cours de fabrication ont été établis de façon appropriée.

La matière de leucaphérèse est récoltée du patient sur un centre d’aphérèse qualifié et transportée sur le site de fabrication du produit cellulaire dans des conditions qualifiées. La chaîne d’identité est établie au moment de la collecte de leucaphérèse et est maintenue tout au long du processus de fabrication afin de doser l’administration au moyen de systèmes informatiques validés et d’étiquettes avec des identificateurs lisibles par les humains.

Les lymphocytes T CD8+ et CD4+ sont sélectionnés de façon séquentielle à partir de la matière de leucaphérèse, formulés, versés dans des sacs et cryoconservés à une température ≤ -130 °C comme composants distincts. Les étapes de traitement suivantes sont effectuées séparément sur les composants CD8+ et CD4+. Les cellules sont décongelées, activées et transportées avec le VLV (qui encode le CAR anti‑CD19), suivi d’une expansion. Enfin, les cellules sont récoltées, réduites en volume, lavées, formulées, versées de manière aseptique dans des flacons, et cryoconservés pour être stockés à ≤ ‑130 °C jusqu'à leur expédition.

Les paramètres du processus et les contrôles en cours de processus pour chaque opération de l’unité ont été établis au moyen de données systématiques d’évaluation des risques et de caractérisation du processus. Les contrôles du processus font partie de la stratégie de contrôle intégré.

L’uniformité du processus de fabrication du produit cellulaire a été confirmée au cours des études de qualification à l’aide de matériel de leucaphérèse provenant de donneurs sains. On a évalué les caractéristiques de rendement du procédé et de qualité du produit en fonction de critères d’acceptation prédéfinis. La caractérisation et la surveillance prolongées ont confirmé que les impuretés résiduelles liées au procédé et au produit sont systématiquement éliminées à des niveaux sécuritaires. L’intégrité des opérations aseptiques a été soutenue par la validation de filtration stérilisante et les simulations de remplissage des milieux.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients, décrits précédemment) présents dans le produit médicamenteux n’est interdit par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l’appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité de lisocabtagène maraleucel avec les excipients.

Contrôle de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Breyanzi est une drogue visée à l’annexe D (produits biologiques) et est donc assujettie au Programme d’autorisation de mise en circulation des lots de Santé Canada avant d’être vendue conformément à la Ligne directrice à l’intention des promoteurs : Programme d’Autorisation de Mise en Circulation des Lots de Drogues Visées à l’Annexe D (Produits Biologiques).

On n’a réalisé aucune analyse de cohérence des lots pour Breyanzi, car le produit est autologue et donc hautement personnalisé.

On a fourni des données probantes pour appuyer le contrôle des matières. Pour maintenir la cohérence des lots, le vecteur lentiviral fini (FLV) est libéré conformément aux spécifications. Les composants des produits pharmaceutiques CD8+ et CD4+ sont assujettis à des caractéristiques de libération très semblables, mais distinctes. Ces caractéristiques tiennent compte de différences mineures attribuables au phénotype de la cellule d’entrée et ont été établies en fonction des connaissances acquises sur le procédé et le produit au moyen de l’expérience clinique et de la fabrication.

Stabilité de la substance médicamenteuse et du produit pharmaceutique

Les flacons non ouverts des composants CD8+ et CD4+ de Breyanzi peuvent être entreposés pendant une période maximale de 13 mois dans de la vapeur d’azote liquide (≤ -130 °C). La durée de conservation et les conditions d’entreposage proposées pour Breyanzi ont été adéquatement appuyées par les données fournies sur la stabilité et sont considérées comme étant satisfaisantes.

Breyanzi doit être décongelé avant l’administration. Lorsque Breyanzi a été aspiré dans des seringues, l’administration doit avoir lieu dès que possible. Le temps total entre le retrait de l’entreposage congelé et l’administration au patient ne doit pas dépasser deux heures à température ambiante (de 15 °C à 25 °C).

Installations et équipement

D’après les scores d’évaluation des risques déterminés par Santé Canada, une évaluation sur place (ESP) n’était pas justifiée pour le site de fabrication du VLV, mais une ESP était justifiée pour le site de fabrication du produit cellulaire.

On a effectué une évaluation virtuelle du processus et de l’installation (EVPI) pour l’installation de fabrication du produit cellulaire. Une évaluation sur place (ESP) était impossible en raison de la pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (COVID‑19).

Les séances en salle de conférence, les visites des installations et l’observation du fonctionnement de l’unité ont toutes été effectuées virtuellement. Certaines observations ont été faites au cours de l’EVPI et le site de fabrication a finalement obtenu une cote de conformité.

Évaluation de l’innocuité des agents adventifs

Les risques de contamination virale de Breyanzi et du VLV sont réduits au minimum par l’approvisionnement et le dépistage des matières premières, l’inspection des certificats de fournisseurs et l’inactivation validée. Les matières utilisées dans la fabrication, qui sont d’origine animale ou humaine, sont la matière de leucaphérèse, le vecteur lentiviral, la solution d’albumine humaine à 25 % (excipient), l’albumine sérique humaine, le sérum de fœtus de veau (supplément du milieu) et l’acide lactobionique. Selon les espèces animales d’origine, l’origine géographique, le type de tissu et le processus de production documentés dans les certificats des fournisseurs, les risques associés aux agents adventifs d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) dans les matières premières biologiques ont été jugés faibles.