Sommaire des motifs de décision portant sur Orkambi

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Orkambi est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Orkambi

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Orkambi

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Orkambi, un produit dont les ingrédients médicinaux sont lumacaftor et ivacaftor. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN):

DIN 02451379 – 200 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor, comprimés, administration orale
DIN 02463040 – 100 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor, comprimés, administration orale
DIN 02483831 – 100 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor, granules, administration orale
DIN 02483858 – 150 mg lumacaftor et 188 mg ivacaftor, granules, administration orale
DIN 02437087 – 75 mg lumacaftor et 94 mg ivacaftor, granules, administration orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentation Date de présentation Décision et date Sommaire des activités
Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02537087) Sans objet Date de la première vente 2024-04-14 Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
SPDN Nº 264825 2022-06-06 Délivrance d’un AC 2023-04-06 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément en vue d’ajouter une nouvelle concentration de lumacaftor et d’ivacaftor en granulés (75 mg/94 mg) et étendre l’indication pour le traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients âgés de 1 an à moins de 2 ans qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la FK (gène CFTR). La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré et un nouveau DIN (02537087) a été émis pour la nouvelle concentration. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.
SPDN Nº 248898 2021-02-01 Délivrance d'un AC
2021-09-03

Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour l'approbation d'un autre site de fabrication pour le produit médicamenteux (granules). Le produit médicamenteux fabriqué dans le nouveau site est comparable au produit fabriqué dans le site actuel. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré.

SPDN Nº 235872 2020-02-07 Délivrance d'un AC
2020-10-08

Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour l'approbation d'un autre site de fabrication pour le produit médicamenteux (comprimés). Le produit médicamenteux fabriqué dans le nouveau site est comparable au produit fabriqué dans le site actuel. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré.

Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DINs 02483831, 02483858) Sans objet Date de la première vente 2018-12-14

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

SPDN Nº 215302 2018-04-04 Délivrance d'un AC
2018-12-11

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour ajouter une nouvelle indication et nouvelles formes posologiques (granules, 100 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor, et 150 mg lumacaftor et 188 mg ivacaftor). L’indication autorisé était : le traitement de la fibrose kystique dans les enfants de 2 à 5 ans qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR). Deux nouveaux DINs (02483831, 02483858) ont été émis. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.

PM Nº 207127 2017-06-30 Délivrance d'une LNO
2017-10-17

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la monographie de produit avec les résultats des essais cliniques et les nouvelles informations sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit (MP) : Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, et la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

PM Nº 205066 2017-04-27 Lettre d’annulation reçue 2017-06-19

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la monographie de produit. Le promoteur a annulé la présentation avant qu'elle ne soit examinée.

Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02463040) Sans objet Date de la première vente 2017-05-03

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

SPDN Nº 198036 2016-09-12 Délivrance d’un AC 2017-04-18

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour ajouter une nouvelle indication et une nouvelle teneur (100 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor). L’indication autorisé était : le traitement de la fibrose kystique dans les enfants de 6 à 11 ans qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR). Un nouveau DIN (02463040) a été émis pour la nouvelle teneur. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.

Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02451379) Sans objet Date de la première vente 2016-01-27 Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 181715 2015-01-30 Délivrance d'un AC
2016-01-26
Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Orkambi

SMD émis le : 2016-03-29

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Orkambi.

Lumacaftor et ivacaftor
200 mg lumacaftor et 125 mg ivacaftor, comprimés, orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • 02451379

Vertex Pharmaceuticals Canada Inc.orporated

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 181715

 

Le 26 janvier 2016, Santé Canada a émis à l'intention de Vertex Pharmaceuticals (Canada) Incorporated un avis de conformité du produit pharmaceutique Orkambi.

L'autorisation de mise sur le marché appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Orkambi a un profil avantages/risques favorable au traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients de 12 ans ou plus qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR).

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Orkambi, un correcteur et potentialisateur du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique, a été autorisé pour le traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients de 12 ans ou plus qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR).

L'efficacité et l'innocuité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les patients atteints de FK autres que ceux qui sont homozygotes pour la mutation F508del.

L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi chez les patients âgés de 65 ans ou plus n'ont pas été évaluées.

L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les enfants de moins de 12 ans.

Orkambi est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité aux substances actives contenues dans ce médicament ou à tout autre ingrédient qui entre dans la préparation ou dans l'un des composants du contenant. L'usage d'Orkambi a été approuvé dans les conditions mentionnées dans la monographie de produit d'Orkambi, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration.

Orkambi (200 mg de lumacaftor et 125 mg d'ivacaftor) se présente sous forme de comprimés. En plus de l'ingrédient médicinal, chaque comprimé contient de la cellulose microcristalline, du croscarmellose sodique, du succinate d'acétate d'hypromellose, du stéarate de magnésium, de la povidone et du laurylsulfate de sodium. L'enrobage pelliculé des comprimés contient du carmin, du colorant bleu FD&C nº 1, du colorant bleu FD&C nº 2, du polyéthylèneglycol, de l'alcool polyvinylique, du talc et du dioxyde de titane. L'encre d'imprimerie contient de l'hydroxyde d'ammonium, de l'oxyde de fer noir, du propylèneglycol et de la laque en écailles.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit Orkambi approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Orkambi a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime qu'Orkambi a un profil avantages/risques favorable au traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients de 12 ans ou plus qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR).

La fibrose kystique (FK) est une maladie autosomique récessive, chronique et débilitante qui est liée à une morbidité grave et à un taux élevé de mortalité précoce. Près de 70 000 personnes en sont atteintes dans le monde, dont 4 000 environ au Canada. L'incidence et la prévalence de la FK sont variables selon le groupe racial : la maladie est beaucoup plus fréquente dans les populations blanches d'Amérique du Nord et d'Europe que dans les populations asiatiques et africaines.

La fibrose kystique est due à des mutations du gène CFTR qui causent l'absence de la protéine CFTR ou une fonction déficiente de celle-ci à la surface des cellules. La protéine CFTR forme un canal chlorure sur les cellules épithéliales qui contribue à la régulation de l'absorption et à la sécrétion des sels et de l'eau. Cette protéine se situe sur la membrane apicale des cellules épithéliales de nombreux organes, y compris les poumons, le pancréas, le tractus intestinal, le tractus biliaire et les glandes sudoripares. Lorsque le transport du chlorure n'est pas régulé dans ces organes, la pathologie touchant plusieurs systèmes qui est liée à la FK se produit.

Les atteintes pulmonaires sont la cause principale de morbidité et de mortalité chez les patients atteints de FK. Le dysfonctionnement de la protéine CFTR dans les poumons entraîne une obstruction des voies respiratoires par un mucus épais, des infections bactériennes chroniques et des réactions inflammatoires qui jouent certainement un rôle dans l'apparition de changements structurels irréversibles. Les patients atteints de FK subissent généralement une perte progressive de la fonction pulmonaire conduisant à l'insuffisance respiratoire et à la mort. Le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) est le meilleur facteur de prédiction de la survie chez les patients atteints de FK. La baisse du VEMS correspond au nombre d'exacerbations pulmonaires par année.

Malgré les traitements actuellement disponibles, les patients atteints de FK connaissent une diminution accélérée de la fonction pulmonaire avec l'âge. Pour une personne atteinte de FK née aujourd'hui, l'âge médian de survie prévu est de 48,5 ans, tandis que l'âge médian de décès constaté au Canada est de 34 ans.

Il n'existe actuellement aucun remède contre la FK. Les traitements disponibles sont destinés à traiter les symptômes causés par la baisse de la fonction de la protéine CFTR, par exemple pour lutter contre les infections et les inflammations des voies respiratoires, mobiliser les sécrétions pour réduire les obstructions des voies respiratoires et rectifier les déficits nutritionnels. Les traitements pharmacologiques utilisés chez les patients atteints de FK sont notamment la dornase alpha (désoxyribonucléase [DNase] recombinante humaine), les antibiotiques par inhalation et les suppléments d'enzymes pancréatiques. Les bronchodilatateurs, les antibiotiques par voie orale, l'ibuprofène et les corticostéroïdes par inhalation sont également prescrits couramment, mais ne sont pas indiqués spécialement pour les patients atteints de FK.

La mutation F508del-CFTR est caractérisée comme étant « sévère » d'après le phénotype homozygote F508del-CFTR, qui se caractérise par l'apparition précoce de manifestations cliniques, une incidence élevée d'insuffisance pancréatique, une colonisation par Pseudomonas aeruginosa, une diminution plus rapide de la fonction pulmonaire et une espérance de vie plus courte. Ces patients connaissent une progression de la maladie avec l'âge et une diminution de l'espérance de vie.

Orkambi est une association de lumacaftor et d'ivacaftor. Le lumacaftor fait partie d'une nouvelle classe de médicaments connus sous le nom de correcteurs de CFTR, qui améliorent la fonction de la protéine CFTR. Il s'agit de la deuxième molécule visant la déficience biochimique sous-jacente qui provoque la FK. L'ivacaftor, un potentialisateur de CFTR, est déjà autorisé au Canada sous le nom Kalydeco pour le traitement de la FK causée par 11 mutations. L'efficacité et l'innocuité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les patients atteints de FK autres que ceux qui sont homozygotes pour la mutation F508del.

Orkambi s'est révélé efficace chez les patients âgés de 12 ans et plus qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène CFTR. Chez les personnes qui présentent une mutation homozygote F508del-CFTR, le gène CFTR a peu ou n'a pas de fonction sur les deux allèles. L'autorisation de mise en marché repose sur deux études cliniques de phase III, randomisées, à double insu et contrôlées par placebo évaluant l'efficacité et l'innocuité d'Orkambi chez les patients atteints de FK qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène CFTR. Dans ces deux études combinés, 1 108 patients atteints de FK cliniquement stables ont été répartis aléatoirement et ont reçu au moins une dose du médicament à l'étude. Dans les deux études, les patients ont été répartis aléatoirement selon un rapport 1:1:1 afin de recevoir 600 mg de lumacaftor une fois par jour et 250 mg d'ivacaftor toutes les 12 heures (q12h), Orkambi (400 mg de lumacaftor q12h et 250 mg d'ivacaftor q12h) ou bien le placebo. Les patients ont reçu le médicament à l'étude avec des aliments contenant des matières grasses pendant 24 semaines en plus des traitements qui leur étaient prescrits contre la FK (par exemple [p. ex.], bronchodilatateurs, antibiotiques par inhalation, dornase alpha et solution saline hypertonique). Dans ces études, les patients avaient la possibilité de passer ensuite à une étude de prolongation non contrôlée.

Dans les deux études, le paramètre primaire d'efficacité était l'amélioration de la fonction pulmonaire déterminée par la variation absolue du pourcentage des valeurs prédites du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS), depuis le départ jusqu'à la semaine 24, évaluée selon la moyenne des effets du traitement à la semaine 16 et à la semaine 24.

Le traitement par Orkambi a entraîné dans les deux études une amélioration statistiquement significative du VEMS. La différence entre Orkambi et le placebo pour ce qui est de la variation absolue moyenne du pourcentage des valeurs prédites du VEMS, du départ à la semaine 24, était de 2,6 points de pourcentage dans l'étude 1 (p = 0,0003) et de 3,0 points de pourcentage dans l'étude 2 (p < 0,0001). Ces variations ont persisté tout au long de la période de traitement de 24 semaines. Une amélioration du pourcentage des valeurs prédites du VEMS a été observée chez les participants sans égard à l'âge, à la gravité de la maladie, au sexe et à la région géographique.

Dans les études cliniques, Orkambi a été globalement bien toléré. La proportion de patients ayant arrêté prématurément le médicament à l'étude en raison d'événements indésirables était de 5 % des patients ayant reçu Orkambi et de 2 % de ceux ayant reçu le placebo. Dans les études de phase III contrôlés par placebo, regroupés, les réactions indésirables les plus fréquentes chez les patients ayant reçu Orkambi étaient la dyspnée (13 %), la rhinopharyngite (13 %), les nausées (13 %), la diarrhée (12 %) et les infections des voies respiratoires supérieures (10 %). Les réactions indésirables graves, jugées ou non liées au médicament par les chercheurs, s'étant produites chez les patients ayant reçu Orkambi étaient notamment la pneumonie, l'hémoptysie, la toux, l'augmentation des taux sanguins de créatine phosphokinase et l'élévation des transaminases. Ces réactions ont touché 1 % ou moins des patients. À la dose thérapeutique recommandée, des réactions indésirables hépatiques, respiratoires, menstruelles et cardiovasculaires peuvent se produire.

Pour gérer les réactions indésirables, des ajustements posologiques sont recommandés, en fonction de la gravité de l'insuffisance hépatique. Le traitement doit également être interrompu lorsque les analyses montrent une élévation de la fonction hépatique, et temporairement réduit en cas d'administration concomitante avec un inhibiteur du cytochrome P450 (CYP) 3A. La fonction hépatique, la pression artérielle et les événements respiratoires doivent être surveillés par un médecin chez les patients qui reçoivent Orkambi.

Un avis de non-conformité (ANC) avait été délivré initialement en raison d'un désaccord entre le promoteur et Santé Canada concernant l'inclusion dans la monographie de produit d'énoncés portant sur les événements cardiovasculaires (sur l'augmentation de la pression artérielle et la diminution du rythme cardiaque), que le Ministère jugeait nécessaires sur l'étiquetage d'Orkambi. Après avoir discuté de ce point, le promoteur s'est conformé aux demandes de Santé Canada et a ajouté les énoncés adéquats concernant les événements cardiovasculaires dans les sections Mises en garde et précautions, Effets indésirables et Mode d'action et pharmacologie clinique de la monographie de produit.

Vertex Pharmaceuticals (Canada) Incorporated a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Orkambi. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.

Santé Canada a examiné le rapport sur les produits à présentation et à consonance semblables soumis par le promoteur, et le nom proposé pour le produit pharmaceutique a été accepté.

Globalement, les avantages thérapeutiques constatés dans les études pivotales sont prometteurs et les avantages du traitement par Orkambi sont considérés à dépasser les risques potentiels. Compte tenu de la gravité de la maladie et de l'absence de traitement pour la population visée, Orkambi offre un rapport risque-avantage favorable à l'indication recommandée et la population ciblée de patients atteints de FK de 12 ans et plus qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène CFTR. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Orkambi présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et de la surveillance appropriée. La monographie de produit d'Orkambi présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité soulevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation d'Orkambi?

 

La présentation de drogue d'Orkambi a été examinée en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire. Les patients atteints de fibrose kystique (FK) qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène régulateur transmembranaire de la fibrose kystique (CFTR), affichent un phénotype clinique qui se caractérise par l'apparition précoce de manifestations cliniques, une incidence élevée d'insuffisance pancréatique, une colonisation par Pseudomonas aeruginosa, une diminution plus rapide de la fonction pulmonaire, et une espérance de vie plus courte. Ces patients connaissent une progression de la maladie avec l'âge et une diminution de l'espérance de vie. Étant donné qu'il existe un besoin médical non comblé important pour les patients atteints de FK qui présentent une mutation F508del-CFTR et qu'aucun des traitements actuellement autorisés pour cette population ne traite la cause sous-jacente de la FK, il est essentiel d'améliorer le traitement et le pronostic pour ces patients.

Kalydeco (ivacaftor) est actuellement le seul traitement autorisé visant la déficience moléculaire à la base de la physiopathologie de la FK. Kalydeco est également le seul traitement autorisé pour la FK dont on a évalué l'innocuité et l'efficacité dans un petit sous-ensemble de patients atteints de FK en fonction de leur profil génétique; toutefois, il n'est autorisé que chez les patients porteurs de certaines mutations du gène CFTR (mutations de classe III) chez qui l'utilisation du potentialisateur en monothérapie est efficace.

On a constaté que Orkambi entraîne une augmentation importante de l'efficacité, avec un profil avantages-risques amélioré par rapport aux traitements existants contre la FK chez les patients de 12 ans et plus qui présentent une mutation F508del sur le gène CFTR, une affection qu'aucun médicament commercialisé au Canada ne prend en charge adéquatement; par conséquent, un statut d'évaluation prioritaire a été accordé.

Un avis de non-conformité (ANC) a été délivré le 22 septembre 2015 en raison d'un désaccord entre le promoteur et Santé Canada concernant l'inclusion dans la monographie de produit d'énoncés portant sur les événements cardiovasculaires (sur l'augmentation de la pression artérielle et la diminution du rythme cardiaque), que le Ministère jugeait nécessaires sur l'étiquetage d'Orkambi. Une réponse initiale à l'ANC a été soumise le 26 octobre 2015, et suite à des discussions supplémentaires, le promoteur s'est conformé aux demandes de Santé Canada d'inclure les énoncés appropriés dans la monographie de produit. Par conséquent, une discussion sur les événements cardiovasculaires a été ajoutée dans les sections Mises en garde et précautions, Effets secondaires et Mode d'action et pharmacologie clinique de la monographie de produit.

 

Étapes importantes de la présentation: Orkambi

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation : 2014-10-02
Demande de traitement prioritaire  
Déposée : 2014-12-11
Rejetée/approuvée par la Directrice, Bureau de cardiologie, allergologie et des sciences neurologiques : 2015-01-12
Dépôt de la présentation : 2015-01-30
Examen préliminaire 1  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2015-03-06
Examen 1  
Évaluation biopharmaceutique terminée : 2015-07-20
Évaluation de la qualité terminée : 2015-09-02
Évaluation clinique terminée : 2015-09-22
Examen de l'étiquetage terminé : 2015-08-22
Avis de non-conformité (ADN)/Avis d'insuffisance (ADI) émis par la directrice générale, Direction des produits thérapeutiques (lacunes sur le plan de l'innocuité) : 2015-09-22
Réponse déposée : 2015-10-26
Examen préliminaire 2  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2015-10-28
Examen 2  
Évaluation clinique terminée : 2016-01-21
Examen de l'étiquetage terminé : 2016-01-21
Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits thérapeutiques : 2016-01-26

 

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique d'Orkambi est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

La fibrose kystique (FK) est une maladie qui affecte plusieurs systèmes, principalement les poumons et le système digestif. Elle est due à des mutations du gène régulateur transmembranaire de la fibrose kystique (CFTR) qui causent l'absence de la protéine CFTR ou une fonction déficiente de celle-ci à la surface des cellules. La protéine CFTR forme un canal chlorure à la surface des cellules épithéliales de nombreux organes. La mutation F508del entraîne la formation de protéines mal repliées en causant un dysfonctionnement de la maturation et des échanges cellulaires qui réduit la quantité de protéines CFTR à la surface de la cellule. La petite quantité de protéine CFTR mutée F508del qui atteint la surface de la cellule est moins stable et présente une faible probabilité d'ouverture du canal (dysfonctionnement de l'activation du canal) comparativement à la protéine CFTR de type sauvage.

Orkambi est un correcteur et un potentialisateur du CFTR composé de deux ingrédients médicinaux : le lumacaftor et l'ivacaftor. Le lumacaftor est un correcteur du CFTR qui améliorerait la stabilité conformationnelle des protéines CFTR mutées F508del, entraînant une augmentation de la maturation et des échanges cellulaires de la protéine CFTR mutée F508del mature vers la surface de la cellule, où la fonction des canaux chlorure est améliorée par rapport à la protéine CFTR mutée F508del non corrigée. L'ivacaftor est un potentialisateur du CFTR qui facilite l'augmentation du transport de chlorure en potentialisant la probabilité d'ouverture (ou d'activation) du canal lié à la protéine CFTR à la surface des cellules. L'association d'un correcteur et d'un potentialisateur de CFTR est une approche innovante afin d'améliorer la quantité et la fonction de la protéine CFTR déficiente chez les patients atteints de FK porteurs de la mutation F508del-CFTR.

La pharmacologie clinique comprend des rapports sur les études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées chez l'humain. Les données pharmacologiques cliniques appuient l'usage d'Orkambi pour l'indication recommandée.

Le lumacaftor a été évalué dans le cadre de 17 études cliniques, administré en monothérapie ou en association avec de l'ivacaftor chez des sujets volontaires sains ou chez des patients atteints de FK porteurs de la mutation F508del, la mutation la plus courante du gène CFTR.

Suivant l'administration d'une double dose de comprimés à doses fixes de 200 mg de lumacaftor et de 125 mg d'ivacaftor après un repas à forte teneur en lipides et en calories, la surface sous la courbe en fonction du temps (SSCT) et la concentration maximale (Cmax) de lumacaftor ont augmenté de 1,6 fois et de 2,2 fois, respectivement, par rapport à l'administration des mêmes doses à jeun. De même, la SSCT et la Cmax d'ivacaftor ont augmenté de 2,6 fois et de 3,7 fois, respectivement.

L'exposition (SSC) au lumacaftor était environ deux fois plus élevée chez les adultes volontaires sains que l'exposition des patients non atteints de FK. L'exposition à l'ivacaftor était similaire entre les adultes volontaires sains et les patients atteints de FK. Chez les sujets volontaires sains, les concentrations plasmatiques de lumacaftor et d'ivacaftor à l'état d'équilibre ont généralement été atteintes après sept jours de traitement, avec un coefficient d'accumulation d'environ 1,9 pour le lumacaftor. L'exposition à l'ivacaftor à l'état d'équilibre diminue avec le temps en raison de l'effet d'induction du cytochrome P450 (CYP) 3A du lumacaftor.

Populations particulières

Il est recommandé de réduire la dose à deux comprimés le matin plus un comprimé le soir chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée (Child-Pugh B). Le traitement d'association n'a pas été étudié chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C), mais l'exposition devrait être plus élevée que chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée. Ces patients doivent donc faire l'objet d'une étroite surveillance, et la dose devrait être réduite au moins de moitié (un comprimé deux fois par jour).

Les patients atteints d'une insuffisance rénale sévère ou d'une néphropathie en stade terminal peuvent présenter des capacités métaboliques réduites. La prudence est donc de mise lors de l'administration de l'association de lumacaftor et d'ivacaftor chez les patients atteints d'une insuffisance rénale sévère (clairance de créatinine ≤ 30 mL/min) ou d'une néphropathie en stade terminal.

Les études pharmacodynamiques portant sur Orkambi ont révélé une augmentation de la pression artérielle et une diminution du rythme cardiaque. La prudence est de mise chez les patients qui présentent une hypertension préexistante, un rythme cardiaque de référence lent (< 60 battements par minute), des antécédents de syncope ou d'arythmie, une maladie des sinus, un bloc sino-auriculaire, un bloc auriculoventriculaire, une maladie cardiaque ischémique ou une insuffisance cardiaque congestive. Dans la mesure du possible, il faut éviter la prise concomitante de médicaments qui réduisent le rythme cardiaque durant le traitement par Orkambi.

Interactions médicamenteuses

Les études sur les interactions médicamenteuses ont montré que le lumacaftor, un inducteur puissant du CYP3A, réduit l'exposition à l'ivacaftor et à son métabolite, M1. En outre, l'exposition à différents autres substrats du CYP3A peut donc être touchée, ce qui peut conduire à une efficacité réduite. Cela englobe les substrats du CYP3A sensibles ou qui ont un index thérapeutique étroit, comme le midazolam, le triazolam, la cyclosporine, l'évérolimus, le sirolimus et le tacrolimus.

Lors de la mise en œuvre d'un traitement d'association par lumacaftor et ivacaftor en concomitance avec un inhibiteur puissant des CYP3A, la dose initiale devrait être ajustée à un comprimé une fois par jour durant la première semaine de traitement, puis augmentée à la dose normale.

L'utilisation concomitante d'inducteurs puissants des CYP3A ne devrait avoir aucun effet sur l'exposition au lumacaftor, mais elle devrait réduire l'exposition à l'ivacaftor. Par conséquent, la coadministration de l'association de lumacaftor et d'ivacaftor est déconseillée avec les inducteurs puissants des CYP3A, comme la rifampine, la rifabutine, le phénobarbital, la carbamazépine, la phénytoïne et le millepertuis commun.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit Orkambi approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité d'Orkambi chez les patients atteints de FK qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène CFTR a été évaluée dans le cadre de deux études cliniques de phase III randomisés, à double insu et contrôlés par placebo (les études 1 et 2). Au total, 1 122 patients ont participé à ces deux études (559 patients dans l'étude 1 et 563 dans l'étude 2), dont 1 108 ont reçu au moins une dose du médicament à l'étude (549 patients dans l'étude 1 et 559 dans l'étude 2). Parmi ces 1 108 patients, 49 % étaient des femmes et 99 % étaient de race blanche.

Dans les deux études, les patients ont été répartis aléatoirement selon un rapport 1:1:1 afin de recevoir 600 mg de lumacaftor une fois par jour et 250 mg d'ivacaftor toutes les 12 heures (q12h) (nombre total [n] = 369), Orkambi (400 mg de lumacaftor q12h et 250 mg d'ivacaftor q12h; n = 369), ou bien le placebo (n = 370). Les patients ont reçu le médicament à l'étude avec des aliments contenant des matières grasses pendant 24 semaines en plus des traitements qui leur étaient prescrits contre la FK (par exemple [p. ex.], bronchodilatateurs, antibiotiques par inhalation, dornase alpha et solution saline hypertonique). Dans ces études, les patients avaient la possibilité de passer ensuite à une étude de prolongation non contrôlée.

L'étude 1 a été mené auprès de 549 patients atteints de FK âgés de 12 ans et plus (âge moyen : 25,1 ans) présentant, lors de la sélection, un pourcentage des valeurs prédites du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) compris entre 40 et 90 (moyenne de 60,7 au départ [plage de 31,1 à 94,0]). L'étude 2 a été mené auprès de 559 patients atteints de FK âgés de 12 ans et plus (âge moyen : 25,0 ans) présentant, lors de la sélection, un pourcentage des valeurs prédites du VEMS compris entre 40 et 90 (moyenne de 60,5 au départ [plage de 31,3 à 99,8]).

Dans les deux études, tous les patients ont subi un dépistage du génotype de FK lors de la sélection; les patients admissibles présentaient la mutation F508del sur les deux allèles. Les patients ayant des antécédents de colonisation par des organismes tels que Burkholderia cenocepacia, Burkholderia dolosa ou Mycobacterium abscessus, ou qui ont présenté des résultats anormaux à au moins trois analyses de la fonction hépatique (alanine transaminase [ALT], aspartate transaminase [AST], phosphatase alcaline [PA], gammaglutamyl transférase [GGT] ≥ 3 fois la limite supérieure de la normale, ou bilirubine totale ≥ 2 fois la limite supérieure de la normale) ont été exclus.

Dans les deux études, le paramètre primaire d'efficacité était l'amélioration de la fonction pulmonaire déterminée par la variation absolue du pourcentage des valeurs prédites du VEMS, depuis le départ jusqu'à la semaine 24, évaluée selon la moyenne des effets du traitement à la semaine 16 et à la semaine 24.

Au total, 348 patients du groupe ayant reçu 600 mg de lumacaftor une fois par jour et 250 mg d'ivacaftor q12h, 344 patients du groupe ayant reçu 400 mg de lumacaftor q12h et 250 mg d'ivacaftor q12h (Orkambi), et 362 patients du groupe placebo ont poursuivi le traitement jusqu'à la semaine 24.

Le traitement par Orkambi a entraîné dans les deux études une amélioration statistiquement significative du VEMS. La différence entre Orkambi et le placebo pour ce qui est de la variation absolue moyenne du pourcentage des valeurs prédites du VEMS, du départ à la semaine 24 (évaluée selon la moyenne des effets du traitement à la semaine 16 et à la semaine 24), était de 2,6 points de pourcentage dans l'étude 1 (p = 0,0003) et de 3,0 points de pourcentage dans l'étude 2 (p < 0,0001). Ces variations ont persisté tout au long de la période de traitement de 24 semaines. Une amélioration du pourcentage des valeurs prédites du VEMS a été observée chez les participants sans égard à l'âge, à la gravité de la maladie, au sexe et à la région géographique.

Les paramètres secondaires d'efficacité comprenaient la variation relative du pourcentage des valeurs prédites du VEMS depuis le départ jusqu'à la semaine 24, évaluée selon la moyenne des effets du traitement à la semaine 16 et à la semaine 24, la variation absolue de l'indice de masse corporelle (IMC) depuis le départ jusqu'à la semaine 24, et la variation absolue du score respiratoire obtenu au questionnaire sur la fibrose kystique (CFQ-R) depuis le départ jusqu'à la semaine 24. Le CFQ-R est un outil spécifique à la FK qui permet de déterminer la qualité de vie liée à la santé évaluée par le patient et qui comprend des volets généraux et des volets sur la FK. Le volet du CFQ-R sur la fonction respiratoire a été utilisé comme outil d'évaluation des symptômes respiratoires pertinents sur le plan clinique, dont la toux, la respiration sifflante, la congestion, la production d'expectorations et la difficulté à respirer. Le pourcentage de patients atteignant une variation relative ≥ 5 % du pourcentage des valeurs prédites du VEMS depuis le départ, d'après la moyenne des semaines 16 et 24, a aussi été évalué dans les deux études, ainsi que le nombre d'exacerbations pulmonaires jusqu'à la semaine 24. Dans le cadre de ces études, une exacerbation pulmonaire était définie par un changement d'antibiothérapie (intraveineuse, par inhalation ou orale) rendu nécessaire en raison de la présence d'au moins 4 des 12 signes ou symptômes prédéfinis touchant les sinus ou les poumons.

Les patients traités par Orkambi ont démontré une amélioration statistiquement significative de la variation relative du pourcentage des valeurs prédites du VEMS (dans les deux études) et de la variation absolue de l'IMC (dans l'étude 2 seulement).

Indication

L'indication visée par le promoteur était la suivante :

Orkambi (lumacaftor/ivacaftor) est indiqué pour le traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients de 12 ans ou plus qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR).

(Pour de plus amples renseignements sur l'utilisation chez les patients qui sont hétérozygotes pour la mutation F508del, voir les sections Essais Cliniques et Mises en Garde et Précautions.)

Gériatrie (> 65 ans) :
L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi chez les patients âgés de 65 ans ou plus n'ont pas été évaluées.

Pédiatrie (< 12 ans) :
L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les enfants de moins de 12 ans.

Pour assurer l'utilisation sécuritaire et efficace du produit, Santé Canada recommande l'indication suivante :

Orkambi (lumacaftor/ivacaftor) est indiqué pour le traitement de la fibrose kystique (FK) chez les patients de 12 ans ou plus qui sont homozygotes pour la mutation F508del du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (gène CFTR).

Emploi limité
L'efficacité et l'innocuité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les patients atteints de FK autres que ceux qui sont homozygotes pour la mutation F508del.

Gériatrie (> 65 ans) :
L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi chez les patients âgés de 65 ans ou plus n'ont pas été évaluées.

Pédiatrie (< 12 ans) :
L'innocuité et l'efficacité d'Orkambi n'ont pas été établies chez les enfants de moins de 12 ans.

Analyse globale de l'efficacité

Le programme clinique portait sur le traitement de la mutation F508del. La nature réduite du programme s'explique par le nombre limité de patients dans la population visée. Les analyses effectuées dans les deux études cliniques pivots ainsi que les données à l'appui ont montré un effet positif modéré sur la fonction pulmonaire chez les patients de 12 ans ou plus; cet effet était relativement rapide (après deux semaines) et s'est maintenu pendant au moins 24 semaines (durée de l'exposition). Étant donné que l'insuffisance respiratoire est la principale cause de mortalité prématurée chez les patients atteints de FK, l'administration d'Orkambi peut modifier le déroulement naturel de la maladie.

Bien que la différence observée entre les traitements d'après le pourcentage des valeurs prédites du VEMS était seulement de 3 %, le taux moyen de déclin de la fonction pulmonaire dans l'ensemble de la population atteinte de FK est estimé entre 1 et 3 points de pourcentage par an. La fonction pulmonaire (VEMS) étant liée à la mortalité, même une stabilisation de la fonction pulmonaire, un ralentissement du déclin ou une légère amélioration de celle-ci peut être jugé cliniquement significatif. En outre, on a observé des réponses variables chez les patients, 25 % d'entre eux affichant une amélioration absolue d'au moins 5 % du pourcentage des valeurs prédites du VEMS et 13 % des patients montrant une amélioration supérieure à 10 %.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Orkambi approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

Le profil d'innocuité d'Orkambi repose sur les données regroupées sur 1 108 patients atteints de FK âgés de 12 ans ou plus, qui présentent une mutation homozygote F508del sur le gène CFTR et qui ont reçu au moins une dose du médicament à l'étude dans le cadre de deux études cliniques de phase III, à double insu et contrôlés par placebo, chacun comptant 24 semaines de traitement (les études 1 et 2, décrits dans la section Efficacité clinique). Des données à l'appui provenant des résultats intermédiaires d'une étude de transition à long terme ont également été évaluées.

Dans les études pivots, la proportion de patients ayant arrêté prématurément le médicament à l'étude en raison d'événements indésirables était de 5 % des patients ayant reçu Orkambi et de 2 % de ceux ayant reçu le placebo. Dans les études de phase III contrôlés par placebo, regroupés, les réactions indésirables les plus fréquentes chez les patients ayant reçu Orkambi étaient la dyspnée (13 %), la rhinopharyngite (13 %), les nausées (13 %), la diarrhée (12 %) et les infections des voies respiratoires supérieures (10 %). Les réactions indésirables graves, jugées ou non liées au médicament par les chercheurs, s'étant produites chez les patients ayant reçu Orkambi étaient notamment la pneumonie, l'hémoptysie, la toux, l'augmentation des taux sanguins de créatine phosphokinase et l'élévation des transaminases. Ces réactions ont touché 1 % ou moins des patients.

À la dose thérapeutique recommandée, des réactions indésirables hépatiques, respiratoires, menstruelles et cardiovasculaires peuvent se produire. Plus précisément, on a observé une augmentation des enzymes du foie, en particulier chez les personnes ayant des antécédents de maladie hépatique. Pour gérer les réactions indésirables, des ajustements posologiques sont recommandés, en fonction de la gravité de l'insuffisance hépatique. Le traitement doit également être interrompu lorsque les analyses montrent une élévation de la fonction hépatique et temporairement réduit en cas d'administration concomitante avec un inhibiteur du CYP3A, comme est détaillée dans la monographie de produit.

L'incidence de réactions indésirables de nature respiratoire (gêne thoracique, dyspnée et respiration anormale) était également plus courante chez les patients traités par Orkambi. De plus, les patients prenant des contraceptifs hormonaux ont affiché une incidence plus élevée d'événements d'anomalies menstruelles (aménorrhée, dysménorrhée, ménorragie, irrégularités menstruelles, métrorragie, oligoménorrhée et polyménorrhée). Enfin, on a observé chez les patients une augmentation de la pression artérielle et une baisse du rythme cardiaque. La fonction hépatique, la pression artérielle et les événements respiratoires doivent être surveillés par un médecin chez les patients qui reçoivent Orkambi.

Études à l'appui

Les résultats intermédiaires de l'étude 105, un étude non pivot à long terme de transition des études pivots 1 et 2 et d'un autre étude, ont été soumis à l'appui d'Orkambi. Cet étude n'était pas terminé au moment de l'examen. Son objectif étant d'évaluer l'innocuité et la tolérabilité à long terme d'Orkambi chez les patients atteints de FK et porteurs de la mutation F508del homozygote (partie A) ou hétérozygote (partie B). Seules les données de la partie A ont été examinées, la partie B n'étant pas pertinente pour cette présentation. Les données sur l'innocuité provenant d'études non contrôlés n'ont pas révélé de nouveau problème d'innocuité par rapport aux données des études de phase II et III contrôlés par placebo. Toutefois, contrairement aux études antérieurs, un décès a été constaté durant l'étude 105 chez un patient ayant subi une exacerbation pulmonaire. La cause du décès n'a pas pu être évaluée d'après les renseignements disponibles.

Analyse globale de l'innocuité

Orkambi a été globalement bien toléré dans la population visée, avec un profil d'innocuité similaire à celui observé dans les populations visées atteintes de FK précédemment étudiées. Cependant, à la dose thérapeutique recommandée, des réactions indésirables graves de type hépatique, respiratoire et cardiovasculaire sont possibles. Pour gérer les réactions indésirables, des ajustements posologiques sont recommandés, en fonction de la gravité de l'insuffisance hépatique. Le traitement doit également être interrompu lorsque les analyses montrent une élévation de la fonction hépatique, et temporairement réduit en cas d'administration concomitante avec un inhibiteur du CYP3A.

Comme indiqué ci-dessus, les études pharmacodynamiques portant sur Orkambi ont révélé une augmentation de la pression artérielle et une diminution du rythme cardiaque. La prudence est de mise chez les patients qui présentent une hypertension préexistante, un rythme cardiaque de référence lent, des antécédents de syncope ou d'arythmie, une maladie des sinus, un bloc sino-auriculaire, un bloc auriculoventriculaire, une maladie cardiaque ischémique ou une insuffisance cardiaque congestive. Dans la mesure du possible, il faut éviter la prise concomitante de médicaments qui réduisent le rythme cardiaque durant le traitement par lumacaftor et ivacaftor. Ces constatations ont été proposées dans la monographie de produit; toutefois, le promoteur ne souhaitait pas inclure d'énoncé concernant les événements cardiovasculaires, ce qui a entraîné la délivrance d'un avis de non-conformité (ANC).

Après avoir discuté de ce point, le promoteur s'est conformé aux demandes de Santé Canada et a ajouté les énoncés adéquats concernant les événements cardiovasculaires dans les sections Mises en garde et précautions, Effets indésirables et Mode d'action et pharmacologie clinique de la monographie de produit.

La monographie de produit approuvée présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Orkambi approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Le développement clinique d'Orkambi est étayé par un programme complet d'études sur la toxicité menées sur le lumacaftor seul, étant donné qu'un ensemble similaire d'études a été réalisé auparavant pour l'ivacaftor lors du développement clinique de Kalydeco.

Les constatations principales des études de toxicité pivots incluaient des résultats notables chez les rats, à savoir une hypertrophie centrolobulaire hépatique minimale considérée comme étant une réponse d'adaptation ou de compensation à l'induction observée du CYP dans cette espèce, ainsi qu'une hématopoïèse extramédullaire splénique. Chez le rat, la dose sans effet nocif observé (DSENO) a été établie à 1 000 mg/kg/jour chez les mâles et les femelles, d'après les résultats d'une étude de toxicité à doses répétées d'une durée de six mois. Chez le chien, on a relevé des signes cliniques touchant le système nerveux central chez quelques animaux moribonds ayant reçu une dose élevée de 1 000 mg/kg/jour (dépassant la dose tolérée maximale) dans une étude de toxicité de trois mois. Les autres études n'ont pas révélé de constatations similaires, y compris dans l'étude sur la toxicité chronique d'une durée de 12 mois menée chez des chiens à des doses allant jusqu'à 500 mg/kg/jour (DSENO). Des altérations fécales, telles que des selles non formées, liquides ou décolorées avec du mucus, ont été observées régulièrement chez les chiens. Chez le rat et le chien, on a constaté des changements du poids corporel (baisse du poids corporel chez le rat et perte de poids corporel chez le chien) ainsi qu'une diminution des paramètres érythrocytaires considérés comme étant régénératifs chez le rat et non régénératifs chez le chien.

D'après les résultats des études de toxicité génétique, le lumacaftor n'est pas considéré comme étant génotoxique. On a également conclu que le lumacaftor n'est pas cancérogène suite à l'épreuve biologique de deux ans menée chez des rongeurs à des doses allant jusqu'à 1 000 mg/kg/jour chez le rat, ainsi que dans une épreuve de cancérogénicité à court terme alternative de 26 semaines effectuée sur des souris transgéniques Tg-rasH2 (porteuses des trois copies d'oncogènes humains c-Ha-ras [prototypes]) utilisant des doses allant jusqu'à 2 000 mg/kg/jour. Des études de toxicité pour le développement et la reproduction n'ont révélé aucun effet indésirable lié au lumacaftor, y compris sur la fertilité des mâles et des femelles, la survie embryofœtale, la tératogénicité, le développement postnatal et la maturation sexuelle.

Des études de toxicité à doses répétées, avec coadministration de lumacaftor et d'ivacaftor, ont été réalisées chez le rat pendant jusqu'à trois mois et chez le chien pendant jusqu'à un mois. Chez le rat, on a observé au microscope des foyers minimes à modérés de nécrose et/ou d'érosion de la muqueuse glandulaire ainsi qu'une dégénérescence kystique minime à modérée de l'épithélium squameux. Ces changements microscopiques ont été observés à toutes les doses testées; ils sont attribués aux effets irritants locaux du lumacaftor et de l'ivacaftor à des concentrations élevées.

Chez le chien, on a relevé une incidence plus élevée de constatations cardiovasculaires que dans les autres études portant seulement sur l'ivacaftor. Ces effets étaient notamment l'allongement du PR, le bloc auriculoventriculaire et les épisodes de complexe supraventriculaire prématuré. En outre, on a également observé une baisse du poids des testicules, de la prostate et de l'épididyme, accompagnée de changements microscopiques correspondants dans ces tissus, chez des chiens ayant reçu l'association de doses élevées de 600/60 mg/kg/jour (lumacaftor/ivacaftor). Ces changements ont provoqué un léger retard de la maturation sexuelle et étaient probablement liés à la réduction du gain de poids corporel survenus chez ces animaux.

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques pour l'être humain ont été ajoutés dans la monographie de produit. À la lumière de l'utilisation prévue d'Orkambi, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Orkambi approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Orkambi montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentées, on estime que la durée de conservation proposée de 24 mois à une température ne dépassant pas 30 °C est acceptable.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation (l'ICH) et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.