Sommaire des motifs de décision portant sur Ibrance

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Ibrance est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Ibrance

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que la décision de Santé Canada (positive ou négative). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Ibrance

Mise à jour : 2025-05-12

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Ibrance, un produit dont l’ingrédient médicinal est palbociclib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification(s) numérique(s) de drogue(s) (DINs) :

  • ​​​​​​DIN 02453150 – 75 mg palbociclib, capsule, administration orale
  • DIN 02453169 – 100 mg palbociclib, capsule, administration orale
  • DIN 02453177 – 125 mg palbociclib, capsule, administration orale
  • DIN 02493535 – 75 mg palbociclib, comprimé, administration orale
  • DIN 02493543 – 100 mg palbociclib, comprimé, administration orale
  • DIN 02493551 – 125 mg palbociclib, comprimé, administration orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentation Date de présentation Décision et date Sommaire des activités
SPDN Nº 292325 2024-11-19 Délivrance d’un AC 2025-03-24 Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Effets indésirables de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.
SPDN Nº 290029 2024-08-30 Délivrance d’un AC 2024-12-20 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de retirer de la MP les informations relatives à la cessation du DINs 02453150, 02453169, et 02453177. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Interactions médicamenteuses et Posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.
SPDN Nº 287136 2024-05-17 Délivrance d’un AC 2024-09-04 Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Effets indésirables de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.
Nouvel examen de l’innocuité et l’efficacité Sans objet Débuté entre 2024-06-01 et 2024-06-30 Santé Canada a débuté  un nouvel examen de l’innocuité et de l’efficacité pour les inhibiteurs des kinases cycline-dépendantes (IKCD) lié à la rhabdomyolyse (dégradation des muscles) due à une interaction médicamenteuse avec les inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase (statines).
DINs 02453150, 02453169, 02453177 annulés (après commercialisation) Sans objet Date de cessation 2024-06-06 Le fabricant a avisé Santé Canada que la vente du médicament a été suspendue après la mise sur le marché. Santé Canada a annulé les DINs conformément à l’alinéa C.01.014.6(1)a) du Règlement sur les aliments et drogues.
SPDN Nº 273901 2023-03-31 Délivrance d’un AC 2024-03-07 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour élargir l’indication existante d’Ibrance en association avec un inhibiteur de l’aromatase (IA) afin de permettre son utilisation chez les femmes en préménopause ou en périménopause, et pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité et l’efficacité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Indications, Contre-indications, Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, et Posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et aux encarts d’accompagnement. Un AC a été délivré et un Sommaire de décision réglementaire a été publié.
Résumé de l’examen de l’innocuité Sans objet Publié 2024-02-09 Résumé de l’examen de l’innocuité publié pour Ibrance (palbociclib) (Évaluation du risque potentiel de thromboembolie veineuse).
Nouvel examen de l’innocuité et l’efficacité Sans objet Débuté entre 2022-01-01 et 2022-01-31 Santé Canada a débuté un examen de l’innocuité et l’efficacité pour Ibrance lié aux évènements thromboemboliques veineux (formation de caillots sanguins dans les veines profondes).
SPDN No 243405 2020-08-27 Délivrance d’un AC 2021-07-16 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP avec des données concernant l’utilisation d’Ibrance chez les patients pédiatriques. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Indications et utilisation clinique, Mises en gardes et précautions, et Mode d’action et pharmacologie clinique. Un AC a été délivré.
Avis de mise en marché d’un produit pharmaceutique (DINs 02493535, 02493543, 02493551) Sans objet Date de la première vente : 2020-09-21 Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PM No 234582 2019-12-19 Délivrance d’une LNO 2020-01-27 Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées à la section Mises en gardes et précautions de la MP. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN No 232295 2019-10-07 Délivrance d’un AC 2019-11-07 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour réviser les étiquettes extérieures des capsules. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.
SPDN No 226755 2019-04-11 Délivrance d’un AC 2019-10-31 Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour une nouvelle formulation de comprimés (concentrations de 75 mg, 100 mg, et 125 mg). Les données ont été examinées et sont considérées acceptables. Un AC a été délivré. Des nouveaux DINs (02493535, 02493543, 02493551) ont été émis pour les comprimés.
SPDN No 223264 2018-12-21 Délivrance d’un AC 2019-10-15 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP avec les résultats de l’étude PALOMA-3. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Essais cliniques de la MP. Un AC a été délivré.
RPEAR-C Nº 226836 2019-04-15 Autorisé 2019-09-16 Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C. RPEAR-C pour la période allant du 2018-08-03 au 2019-02-02. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.
SPDN No 219500 2018-08-24 Délivrance d’un AC 2019-08-06 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP avec de nouvelles données, et pour étendre l’indication. L'indication a été élargie pour permettre l'utilisation chez les hommes atteints d'un cancer du sein de stade avancé. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.
PM No 227077 2019-04-23 Délivrance d’une LNO 2019-07-26 Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
RPPV-C Nº 209992 2017-10-06 Déposée 2018-08-19 Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C. RPPV-C pour la période allant du 2017-02-03 au 2017-08-03. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.
RPPV-C Nº 217609 2018-06-26 Déposée 2018-07-23 Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C. RPPV-C pour la période allant du 2017-08-03 au 2018-02-02. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.
SPDN Nº 207909 2017-07-26 Délivrance d'un AC
2018-06-06
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin de proposer des révisions aux indications approuvées d'Ibrance (palbociclib), notamment une indication élargie par rapport à l'association actuellement approuvée avec le létrozole afin d'inclure l'association d'Ibrance avec tous les inhibiteurs de l'aromatase et de mentionner qu'Ibrance est indiqué pour traiter non seulement les patientes atteintes d'un cancer avec présence de récepteurs d'œstrogènes (RE+), mais aussi les patientes atteintes d'un cancer du sein à un stade avancé avec présence de récepteurs hormonaux. De plus, des mises à jour de la monographie de produit ont été proposées afin d'y inclure des recommandations de dosage pour les patients atteints d'une insuffisance hépatique ou rénale légère, modérée ou grave. Sommaire de décision réglementaire publié.
RPEAR-C Nº 182048 2016-04-11 Autorisé
2018-01-26
Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C.  RPEAR-C pour la période allant du 2015-02-03 au 2016-02-02. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n'était requise.
SPDN-C Nº 200851 2016-12-02 Délivrance d'un AC
2017-11-17
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C. Ce SPDN-C a été présenté pour fournir le rapport d'étude final pour l'étude de confirmation de phase III, l'étude 1008 (PALOMA-2) et pour mettre à jour la MP d'Ibrance à l'aide des données provenant de cette étude. Selon ces données, cette présentation nécessite également le retrait des conditions de l'AC pour cette indication. Les données continuent de soutenir un profil d'innocuité acceptable pour l'administration d'Ibrance et ensemble, les données appuient le profil avantages-risques d'Ibrance jumelé au létrozole pour le traitement des femmes atteintes d'un cancer du sein avancé RE+ et HER2- qui n'ont pas reçu auparavant de traitement anticancéreux systémique pour la maladie avancée. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. À la suite de la présentation, on a retiré les conditions de l'avis de conformité émis 2016-03-16.
SPDN Nº 195948 2016-06-14 Délivrance d'un AC
2017-05-19
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément était d'obtenir une autorisation de mise en marché pour une nouvelle indication d'Ibrance (palbociclib), pour une utilisation en association avec le fulvestrant à titre de traitement chez les femmes qui sont atteintes d'un cancer du sein localement avancé ou métastatique avec présence de récepteurs hormonaux et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (RH+/HER2-) et dont la maladie a progressé à la suite d'un traitement endocrinien antérieur.

Sommaire de décision réglementaire publié.
SPDN Nº 198800 2016-09-30 Délivrance d'un AC
2017-02-23
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour ajouter un autre encapsulateur en plus de celui qui est déjà approuvé. Les renseignements ont été examinés et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré.
SPDN-C Nº 195710 2016-06-06 Délivrance d'un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C
2016-10-06
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice sur les AC-C. La présentation visait à fournir le Résumé des données essentielles de l'étude de confirmation de phase III pour l'utilisation d'Ibrance en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (RE+/HER2-) au stade avancé. L'avis associé à l'indication a été supprimé de la section Indications et usage clinique de la monographie de produit à la lumière des résultats fournis.
Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02453150) Sans objet Date de la première vente :
2016-04-20
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DINs 02453169, 02453177) Sans objet Date de la première vente :
2016-04-19
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 182048 2015-02-12 Délivrance d'un AC
2016-03-01
Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Ibrance

SMD émis le : 2016-05-19

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Ibrance.

Palbociclib, 75 mg, 100 mg et 125 mg, capsules, orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02453150 - 75 mg, capsule
  • DIN 02453169 - 100 mg, capsule
  • DIN 02453177 - 125 mg, capsule

Pfizer Canada Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 182048

Le 16 mars 2016, Santé Canada a émis à l'intention de Pfizer Canada Inc. un avis de conformité dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) du produit pharmaceutique Ibrance. Le produit a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison de données cliniques prometteuses, malgré la nécessité d'effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques. Les patients devraient être avisés du fait que l'autorisation de commercialisation a été émise sous certaines conditions.

L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime qu'Ibrance a un profil avantages/risques favorable lorsqu'il est utilisé en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes (RE+) et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2-negative [HER2-]) au stade avancé. L'efficacité clinique d'Ibrance est étayée par une prolongation relativement marquée de la survie sans progression (SSP) qui a été observée dans une étude ouverte de phase II avec répartition aléatoire. Compte tenu des limites inhérentes à la méthodologie de cette étude, aucune inférence statistique n'a pu être faite, et les incohérences internes qui apparaissent dans les résultats suggèrent un possible biais d'interprétation des investigateurs en faveur du groupe Ibrance (palbociclib). Dans l'étude de phase III comparative avec placebo qui est en cours, l'ampleur des bienfaits du palbociclib pourrait donc différer de celle qui a été observée dans l'étude de phase II. Le maintien de l'approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques lors d'une étude clinique de confirmation.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Ibrance, un inhibiteur de protéine kinase, a été autorisé pour une utilisation en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes (RE+) et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2-negative [HER2-]) au stade avancé. L'efficacité clinique d'Ibrance est étayée par une prolongation relativement marquée de la survie sans progression (SSP) qui a été observée dans une étude ouverte de phase II avec répartition aléatoire. Compte tenu des limites inhérentes à la méthodologie de cette étude, aucune inférence statistique n'a pu être faite, et les incohérences internes qui apparaissent dans les résultats suggèrent un possible biais d'interprétation des investigateurs en faveur du groupe Ibrance (palbociclib). Dans l'étude de phase III comparative avec placebo qui est en cours, l'ampleur des bienfaits du palbociclib pourrait donc différer de celle qui a été observée dans l'étude de phase II. Le maintien de l'approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques lors d'une étude clinique de confirmation.

Quarante-six pour cent (46 %) des patientes qui ont participé à l'étude de phase II sur l'emploi de l'association Ibrance-létrozole pour le traitement du cancer du sein au stade avancé étaient âgées de 65 ans ou plus. Dans l'ensemble, il n'y a pas eu de différence entre ces patientes et les patientes plus jeunes pour ce qui est de l'efficacité de l'association Ibrance-létrozole. Cela dit, des épisodes de neutropénie et de leucopénie (de tous grades, et de grades 3 et 4) ont été signalés plus souvent chez les patientes de 65 ans ou plus que chez celles qui avaient moins de 65 ans.   

L'innocuité et l'efficacité d'Ibrance n'ont pas été évaluées chez les patients de moins de 18 ans (c'est-à-dire les enfants et les adolescents). 

Ibrance est contre-indiqué chez les patientes qui présentent une hypersensibilité à ce médicament, à l'un des ingrédients de ce dernier ou à l'un des composants de son contenant. Ibrance a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit d'Ibrance, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Ibrance (palbociclib, 75 mg, 100 mg et 125 mg) est offert sous forme de capsules. En plus de l'ingrédient actif, chaque capsule contient de l'hydroxyde d'ammonium, de la silice colloïdale, de la gélatine, du lactose monohydraté, du stéarate de magnésium, de la cellulose microcristalline, du propylène glycol, de l'oxyde de fer rouge, de la gomme laque, du siméthicone, du glycolate d'amidon sodique, du dioxyde de titane et de l'oxyde de fer jaune.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit d'Ibrance approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Ibrance a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime qu'Ibrance a un profil avantages/risques favorable pour une utilisation en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes (RE+) et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2-negative [HER2-]) au stade avancé. L'efficacité clinique d'Ibrance est étayée par une prolongation relativement marquée de la survie sans progression (SSP) qui a été observée dans une étude ouverte de phase II avec répartition aléatoire. Compte tenu des limites inhérentes à la méthodologie de cette étude, aucune inférence statistique n'a pu être faite, et les incohérences internes qui apparaissent dans les résultats suggèrent un possible biais d'interprétation des investigateurs en faveur du groupe Ibrance (palbociclib). Dans l'étude de phase III comparative avec placebo qui est en cours, l'ampleur des bienfaits du palbociclib pourrait donc différer de celle qui a été observée dans l'étude de phase II. Le maintien de l'approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques lors d'une étude clinique de confirmation. Ibrance a été autorisé dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) sur la base de données cliniques prometteuse, malgré la nécessité d'effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques.

Le cancer du sein est la forme la plus fréquente de cancer chez la femme à l'échelle mondiale. Selon les statistiques actuelles sur le cancer au Canada, il s'agit du type de cancer le plus souvent diagnostiqué et de la deuxième cause de décès par cancer chez les femmes. Le risque à vie de développer un cancer du sein est estimé à 1 sur 9 chez les femmes, et la probabilité d'en mourir au cours de sa vie est de 1 sur 29. L'âge médian au moment du diagnostic du cancer du sein est de 61 ans. Malgré une diminution des taux de mortalité ajustés selon l'âge pour le cancer du sein depuis 1990, le cancer du sein métastatique demeure une maladie potentiellement mortelle et actuellement incurable.

Le cancer du sein est une maladie hétérogène, dont les sous-types peuvent être caractérisés selon leur statut à l'égard des récepteurs hormonaux et leur statut à l'égard du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2).

Cette présentation concerne spécifiquement le cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (RE+/HER2-) au stade avancé chez les femmes ménopausées.

Le palbociclib, l'ingrédient médicinal d'Ibrance, est le premier agent d'une nouvelle classe d'inhibiteurs des kinases dépendantes des cyclines (cyclin-dependent kinase [CDK]) 4 et 6 qui bloque la prolifération cellulaire en empêchant le cycle cellulaire de passer de la phase G1 à la phase S, ce qui inhibe la division cellulaire. 

L'autorisation de mise en marché avec conditions repose principalement sur les données relatives à l'efficacité et à l'innocuité d'une étude de phase I/II (étude 1003 - PALOMA-1) menée auprès de la population cible de patientes. L'évaluation de l'efficacité se fonde sur la phase II de cette étude, qui a été menée en mode ouvert avec répartition aléatoire et qui avait pour but de comparer l'association Ibrance-létrozole par rapport au létrozole en monothérapie comme traitement de première intention du cancer du sein RE+/HER2- au stade avancé chez les femmes ménopausées. Les résultats de la phase II de l'étude 1003 semblent indiquer une amélioration de 10 mois du paramètre principal d'évaluation de l'efficacité, à savoir la survie sans progression (SSP) évaluée par l'investigateur, chez les patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole par rapport à celles recevant le létrozole en monothérapie (20,2 mois et 10,2 mois, respectivement; rapport des risques instantanés [RRI] = 0,49). Cependant, cette étude comporte de nombreuses sources d'incertitude, notamment l'existence probable d'un biais d'interprétation et les modifications apportées au protocole motivées par les données recueillies; par conséquent; aucune inférence statistique ne peut être faite. Même si l'existence de bienfaits statistiquement significatifs apportés par l'association Ibrance-létrozole (par rapport au létrozole en monothérapie) reste à démontrer et que l'ampleur des bienfaits est incertaine, Santé Canada juge que l'estimation ponctuelle des bienfaits du médicament en ce qui concerne le rapport des risques associé à la SSP représente une preuve d'efficacité clinique prometteuse chez la population de patientes cible. Par ailleurs, Santé Canada a indiqué que les patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole reçoivent, dans le cadre de ce traitement, le traitement de référence existant actuellement contre cette maladie (le létrozole). Santé Canada a également mentionné que selon la littérature médicale, un autre essai clinique a montré que le palbociclib en association avec le fulvestrant prolongeait la SSP davantage que le fulvestrant administré en monothérapie chez les patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique présentant des récepteurs hormonaux et dont la maladie avait progressé au cours ou à la suite d'un traitement endocrinien antérieur. Afin d'attester les bienfaits cliniques d'Ibrance, les résultats de l'étude de confirmation, une étude de phase III qui est en cours de réalisation dans la même population de patientes (étude 1008 : PALOMA-2), seront présentés à Santé Canada aux fins d'évaluation à titre d'engagement postautorisation.

L'évaluation du profil d'innocuité a démontré que l'ajout d'Ibrance au traitement par le létrozole augmentait les cas signalés de cytopénie (en particulier de neutropénie), d'infections, de diarrhée, de nausées, de troubles oculaires et d'embolie pulmonaire. La neutropénie est l'effet indésirable survenu pendant le traitement qui a été signalé le plus souvent dans les deux phases de l'étude pivot : elle a été observée chez 92 % et 75 % des patientes dans les phases I et II de l'étude, respectivement, et chez 5,2 % des patientes du groupe recevant le létrozole en monothérapie. Des cas d'infection ont également été signalés plus souvent dans le groupe traité par l'association Ibrance-létrozole que dans celui ayant reçu le létrozole en monothérapie. Aucun cas de neutropénie fébrile ou de sepsie neutropénique n'a été signalé dans les groupes de traitement de l'étude pivot.

L'embolie pulmonaire a été l'effet indésirable grave le plus important; elle a été signalée plus souvent chez les patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole que chez celles ayant reçu le létrozole en monothérapie. Toutefois, 80 % (4/5) des cas signalés étaient asymptomatiques et ont été détectés uniquement par imagerie médicale.

La neutropénie est un effet indésirable (EI) grave d'Ibrance qui a été observé chez les patientes traitées; il s'agit du seul EI mentionné dans l'encadré Mise en garde et précautions importantes de la monographie de produit d'Ibrance.

Pfizer Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Ibrance. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.

Après évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables, le nom proposé d'Ibrance a été jugé acceptable.

Globalement, les avantages thérapeutiques constatés dans l'étude pivot sont prometteurs et les avantages du traitement par Ibrance, en association avec le létrozole, sont considérés comme ayant le potentiel d'apporter une amélioration significative sur le plan de l'efficacité qui confère un rapport global risques-avantages supérieur à celui du traitement existant par le létrozole. Les données présentées et les données probantes disponibles dans la littérature médicale représentent des preuves prometteuses de l'efficacité clinique d'Ibrance en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein RE+/HER2- au stade avancé. L'efficacité clinique d'Ibrance est étayée par une prolongation de la SSP qui a été observée dans une étude clinique ouverte de phase II avec répartition aléatoire; cependant, aucune inférence statistique n'a pu être faite en raison des limites inhérentes à la méthodologie de cette étude, et certains éléments suggèrent un possible biais d'interprétation en faveur du groupe Ibrance-létrozole. Le maintien de l'approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques lors d'une étude de confirmation de phase III.

D'après les données non cliniques et les études cliniques, Ibrance présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et de la surveillance appropriée. La monographie de produit d'Ibrance présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité soulevés. Tel qu'il est indiqué dans le cadre de la Ligne directrice sur les AC-C, l'innocuité de l'utilisation d'Ibrance sera surveillée de façon continue. Une évaluation supplémentaire aura lieu une fois que les études demandées auront été présentées.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Ibrance?

Le promoteur a déposé une demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) concernant la présentation de drogue nouvelle (PDN) relative à Ibrance. Une évaluation a été réalisée afin de déterminer si la présentation fournissait des preuves d'efficacité clinique prometteuses, montrant que le médicament pourrait offrir une amélioration importante de l'efficacité, de sorte qu'il affiche un profil avantages/risques supérieur à celui des traitements existants pour une maladie ou une affection qui ne peut être traitée adéquatement par aucun médicament commercialisé au Canada. Dans le cadre de cette évaluation, Santé Canada a déterminé que les renseignements fournis ne satisfaisaient pas les critères. Le promoteur a été invité à déposer une PDN habituelle.

Le promoteur a par la suite déposé une PDN habituelle, qui comprenait un document détaillé dans lequel étaient abordés spécifiquement les problèmes soulevés par Santé Canada qui empêchaient le dépôt de la PDN en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C. Les principales lacunes comprenaient la taille restreinte de la population étudiée dans l'étude de phase I/II, qui ne permettait possiblement pas d'établir adéquatement le profil d'innocuité d'Ibrance, et l'existence d'un possible biais d'interprétation des investigateurs en raison de la méthodologie de l'étude ouverte. Une autre préoccupation était que les bienfaits observés pourraient ne pas se traduire par des résultats positifs comparables dans l'étude de phase III. En outre, l'efficacité était supérieure dans la population de patientes non sélectionnées, comparativement au sous-groupe de patientes porteuses de biomarqueurs, ce qui donnait à penser que le mode d'action du médicament était peut-être mal compris. Enfin, Santé Canada n'était pas convaincu qu'Ibrance répondait à un besoin médical non satisfait dans la population de patientes cible, compte tenu de la disponibilité d'autres options thérapeutiques (par exemple, l'anastrozole, le tamoxifène et la chimiothérapie) comme traitement de première intention du cancer du sein au stade avancé.

Dans la justification fournie à l'appui de sa demande pour l'autorisation, le promoteur soulignait qu'Ibrance avait été administré à plus de 1000 patientes ou sujets, que ce soit en monothérapie ou en association avec d'autres traitements, dans la base de données sur l'innocuité à la date de collecte des données (29 novembre 2013). La taille de la population pourrait ainsi être suffisante pour évaluer l'innocuité du médicament. De plus, conformément à la Ligne directrice sur les AC-C de Santé Canada, l'étude de phase III qui est en cours (étude 1008 - PALOMA-2) vise à corroborer les résultats de l'étude 1003 (PALOMA-1), et le promoteur a indiqué qu'il retirerait l'indication si le paramètre primaire de l'étude de phase III n'atteignait pas le seuil de la signification statistique. Le promoteur soutenait que le mode d'action du palbociclib est bien établi en ce qui concerne l'inhibition des kinases dépendantes des cyclines (cyclin-dependent kinase [CDK]) 4 et 6 et l'interaction avec les estrogènes; or, le cancer du sein est une maladie hétérogène, et l'étude de phase III qui est en cours vise également à évaluer activement l'hypothèse relative aux biomarqueurs.

Fait à noter, le promoteur a également fourni une justification plus détaillée en vue d'étayer l'existence d'un besoin médical non satisfait chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein au stade avancé. Un expert clinique a expliqué qu'en dépit du nombre et de la variété d'agents thérapeutiques dont on dispose pour le traitement du cancer du sein au stade avancé, la résistance au traitement endocrinien demeurait une préoccupation clinique importante dans ce contexte, car la maladie finit par progresser chez toutes les patientes. De plus, alors que le recours au traitement endocrinien établi s'intensifie dans un contexte (néo)adjuvant, les cliniciens doivent pouvoir compter sur d'autres traitements efficaces et peu toxiques qui éliminent la résistance au traitement endocrinien ou qui agissent en synergie avec ce dernier, de manière à prolonger la survie sans progression (SSP) chez les patientes qui reçoivent un traitement de première intention. Devant ce besoin médical non satisfait dans le traitement du cancer du sein au stade avancé, parce que le palbociclib, un inhibiteur réversible des CDK4 et CDK6, a un nouveau mode d'action qui agit sur la régulation du cycle cellulaire, le promoteur a justifié de façon suffisante son avis qu'un AC-C pourrait être une recommandation appropriée si les données relatives à l'innocuité, à l'efficacité et aux caractéristiques chimiques sont jugées acceptables au moyen d'une évaluation complète des bienfaits, des effets nocifs et des incertitudes.

Un examen ultérieur est à l'origine de la décision d'accorder l'autorisation de mise sur le marché au promoteur en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C, en reconnaissance du caractère prometteur, mais non confirmé des preuves de l'efficacité clinique fournies dans la présentation. Conformément aux dispositions définies dans la Ligne directrice sur les AC-C, le promoteur a accepté de fournir des renseignements supplémentaires, afin de confirmer les avantages cliniques du produit.

 

Étapes importantes de la présentation: Ibrance

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation 1 : 2013-05-02
Réunion préalable à la présentation 2 : 2014-10-08
Rejet de la demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) 2014-12-05
Submission filed: 2015-02-12
Examen préliminaire  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2015-03-27
Examen  
Évaluation biopharmaceutique terminée : 2015-12-01
Évaluation de la qualité terminée : 2016-01-08
Évaluation clinique terminée : 2016-01-20
Examen de l'étiquetage terminé : 2016-01-20
Délivrance de l'Avis d'admissibilité à un Avis de conformité avec conditions (AA-AC-C) 2016-01-21
Réponse déposée (ébauche de la Lettre d'engagement) : 2016-02-11
Réponse déposée (Lettre d'engagement) : 2016-03-14
Délivrance de l'Avis de conformité (AC) par la Directrice générale, Direction des produits thérapeutiques, dans le cadre de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions (AC-C) : 2016-03-16

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen non clinique et clinique (à l'exception de l'examen des études pharmacodynamiques) d'Ibrance est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires. La décision réglementaire canadienne sur l'examen des études pharmacodynamiques cliniques est fondée sur l'examen effectué par la FDA des États-Unis, en se reportant au besoin aux données présentées au Canada.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

En plus des exigences requises dans la Loi sur les aliments et drogues et son Règlement, et en vertu des dispositions décrites dans la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C), Santé Canada a demandé au promoteur de prendre différents engagements relatifs à l'AC-C, dont certains sont énumérés ci-dessous.

Étude de confirmation

Étude 1008 (PALOMA-2) : étude multicentrique de phase III, menée à double insu avec répartition aléatoire, qui vise à comparer les effets de l'association Ibrance-létrozole à ceux du létrozole administré avec un placebo dans le traitement de femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes (RE+) et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2-negative [HER2-]) au stade avancé qui n'avaient jamais reçu de traitement à action générale.

Afin de confirmer les bienfaits cliniques d'Ibrance dans le traitement de ces patientes, à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique, Pfizer Canada Inc. présentera les éléments suivants :

Le promoteur soumettra sous forme de Supplément à une présentation de drogue nouvelle - Confirmation (SPDN-C) :

  • Les résultats de haut niveau de l'étude 1008 (PALOMA-2). Ces résultats seront présentés dans les meilleurs délais possible. Pfizer a indiqué qu'elle retirerait l'indication si le paramètre primaire de l'étude de phase III n'atteignait pas le seuil de la signification statistique.
  • Le rapport final de l'étude 1008 (PALOMA-2). Ce rapport d'étude sera présenté dans les meilleurs délais possible.

Surveillance de l'innocuité après la mise en marché

Le promoteur accepte de présenter à Santé Canada ce qui suit :

  • Dans un délai de 15 jours, toutes les réactions indésirables graves survenues au Canada et toutes les réactions indésirables graves inattendues survenues hors du Canada, conformément à la réglementation et aux lignes directrices en vigueur.
  • Les conclusions de l'analyse des rapports sommaires annuels sur l'innocuité de Pfizer d'une manière jugée conforme à la Ligne directrice sur les AC-C.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Le palbociclib inhibe de manière sélective les kinases dépendantes des cyclines (cyclin-dependent kinase [CDK]) 4 et 6. La cycline D1 et les kinases CDK4 et CDK6 interviennent en aval de nombreuses voies de signalisation sous-jacentes à la prolifération cellulaire. En bloquant l'activité du complexe cycline D-CDK4/CDK6, le palbociclib inhibe la phosphorylation de la protéine du rétinoblastome (pRb), ce qui empêche le cycle cellulaire de passer de la phase G1 à la phase S. Dans un échantillon de lignées de cellules de cancer du sein ayant des profils moléculaires bien particuliers, l'efficacité du palbociclib a été maximale sur les lignées de cellules luminales caractérisées par la présence de récepteurs d'estrogènes (RE+). Lorsque le palbociclib a été associé à des anti-estrogènes dans des modèles de cancer du sein RE+, l'inhibition de la prolifération cellulaire et l'induction de la sénescence cellulaire qu'il entraîne se sont accentuées.

La pharmacologie clinique comprend des rapports sur les études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées chez l'humain.

Les paramètres pharmacocinétiques d'une dose unique et de doses multiples de palbociclib ont été mesurés chez des patients porteurs de tumeurs solides, y compris des patientes atteintes d'un cancer du sein avancé. Après l'administration orale à des patientes atteintes d'un cancer du sein avancé, le temps écoulé avant l'atteinte de la concentration plasmatique maximale du palbociclib a été de 4 à 8 heures, et la demi-vie moyenne était de 28,8 heures. La moyenne de la clairance apparente d'une dose orale était de 63,1 litres par heure. En général, après l'administration de doses d'Ibrance comprises entre 25 mg et 225 mg, l'exposition au palbociclib a augmenté proportionnellement à la dose. L'état d'équilibre a été atteint en l'espace de 8 jours après l'administration de doses uniquotidiennes répétées, et le rapport d'accumulation médian a été de 2,4.

L'élimination du palbociclib se fait principalement par biotransformation hépatique. D'après une analyse pharmacocinétique populationnelle, la présence d'une insuffisance hépatique légère ou d'une insuffisance rénale légère ou modérée n'a aucun effet sur l'exposition au palbociclib. La pharmacocinétique d'Ibrance n'a pas été étudiée chez les patients qui sont atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou grave ou d'une insuffisance rénale grave. Le palbociclib est un substrat et un faible inhibiteur de l'isoenzyme CYP3A du cytochrome P450 (CYP). Des interactions médicament-médicament ont été observées lorsqu'Ibrance a été administré en concomitance avec un inhibiteur puissant de la CYP3A et un inducteur puissant de la CYP3A. Aucune étude n'a été présentée en ce qui concerne l'effet d'inducteurs modérés de la CYP3A sur l'exposition au palbociclib. L'utilisation concomitante d'inhibiteurs puissants de la CYP3A ou d'inducteurs puissants ou modérés de la CYP3A est à éviter. L'administration concomitante d'Ibrance et d'un substrat de la CYP3A est susceptible d'accroître l'exposition à ce substrat. En conséquence, la prudence s'impose lorsqu'Ibrance est administré en concomitance avec un substrat de la CYP3A doté d'une marge thérapeutique étroite.

Les effets de la consommation d'aliments sur l'exposition au palbociclib ont été évalués chez des volontaires sains. L'aire sous la courbe de concentration en fonction du temps (ASCinf) et la concentration maximale (Cmax) du palbociclib qui ont été observées lorsqu'Ibrance a été administré après un jeûne nocturne ont augmenté respectivement de 21 % et de 38 % lorsqu'il a été administré avec des aliments riches en matières grasses, de 12 % et de 27 % lorsqu'il a été administré avec des aliments pauvres en matières grasses, et de 13 % et de 24 % lorsque des aliments ayant une teneur modérée en matières grasses ont été ingérés 1 heure avant et 2 heures après l'administration d'Ibrance. Par ailleurs, la consommation d'aliments a significativement réduit les variabilités interindividuelle et intra-individuelle de l'exposition au palbociclib. Il apparaît donc d'après ces résultats qu'Ibrance doit être pris avec des aliments.

Une analyse pharmacocinétique et pharmacodynamique a été effectuée à partir des données de 184 patients atteints d'un cancer avancé afin d'évaluer le lien qui existe entre la concentration du palbociclib et la fréquence cardiaque et l'intervalle QTcS (QT corrigé selon un facteur de correction propre à l'étude dont il était tiré). Une corrélation positive a été décelée entre l'intervalle QTcS et la concentration du palbociclib : à la concentration maximale moyenne du palbociclib observée à l'état d'équilibre après l'administration de ce médicament suivant le schéma thérapeutique recommandé (soit 125 mg par jour pendant 21 jours consécutifs suivis de 7 jours de repos, ce qui constitue un cycle de 28 jours), l'allongement moyen de l'intervalle QTcS a été de 5,60 ms (borne supérieure de l'intervalle de confiance unilatéral à 95 % : 8,72 ms). Malgré l'existence d'une faible relation linéaire entre la concentration de palbociclib et l'intervalle QTcS, la borne supérieure de l'intervalle de confiance unilatéral à 95 % pour l'allongement de l'intervalle QTcS n'a pas dépassé le seuil de 10 ms à la concentration maximale moyenne ou médiane de palbociclib à l'état d'équilibre. Il est donc peu probable que l'utilisation du palbociclib entraîne un allongement de l'intervalle QT d'importance clinique à la dose thérapeutique recommandée. Ces renseignements sont compris dans la monographie de produit proposée. Le promoteur réalise actuellement une sous-étude axée sur les données électrocardiographiques.

Globalement, les données pharmacologiques cliniques appuient l'usage d'Ibrance pour l'indication recommandée. Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit Ibrance approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité d'Ibrance (palbociclib) comme traitement de première intention du cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes (RE+) et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2-negative [HER2-]) au stade avancé chez les femmes ménopausées est étayée par une étude de phase I/II menée en mode ouvert avec répartition aléatoire (étude 1003 ou PALOMA-1), qui avait pour but de comparer l'association Ibrance-létrozole au létrozole administré seul. Les patientes ayant pris part à l'étude n'avaient pas reçu de traitement anticancéreux antérieur pour la maladie au stade avancé.

Au cours de la phase I de l'étude, 12 patientes ont été recrutées aux fins d'évaluer l'innocuité et la tolérabilité de l'association Ibrance-létrozole et d'exclure une interaction entre les médicaments de l'association. Les conclusions relatives à l'efficacité ne se fondent pas sur cette partie de l'étude. La phase II de l'étude a été menée en mode ouvert avec répartition aléatoire, et elle visait à évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'association Ibrance-létrozole en comparaison du létrozole administré seul pour le traitement de première intention des patientes ménopausées atteintes d'un cancer RE+/HER2- au stade avancé. La phase II de l'étude comportait deux cohortes de patientes :

  • une population de patientes non sélectionnées au moyen de biomarqueurs (phase II, partie 1 [Ph2P1]; nombre total [n] = 66);
  • une population de patientes sélectionnées de façon prospective au moyen de biomarqueurs et dont la tumeur était caractérisée par une amplification du gène codant pour la cycline D1 (CCND1) et/ou la perte du gène p16/CDKN2A (phase II, partie 2 [Ph2P2]; n = 99). 

Toutes les patientes ont été réparties aléatoirement à l'aide de deux facteurs de stratification : le foyer métastatique et le laps de temps sans maladie entre la fin du traitement adjuvant et la récurrence du cancer. Une analyse intermédiaire des données de la Ph2P1 a révélé que le statut des patientes à l'égard des biomarqueurs (CCND1/p16) n'avait pas d'incidence sur l'activité clinique de l'association Ibrance-létrozole. À la lumière de ces résultats intermédiaires, le recrutement de patientes dans la Ph2P2 a été interrompu, et le protocole a été modifié de façon à ce que les bienfaits cliniques associés au paramètre primaire soient évalués de façon combinée chez les patientes réparties aléatoirement dans les cohortes Ph2P1 et Ph2P2, tandis que les analyses secondaires ont été faites séparément pour chaque cohorte. Le paramètre primaire de l'étude était la survie sans progression (SSP), laquelle était déterminée par l'investigateur d'après la version 1.0 des critères RECIST (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors) [Critères d'évaluation de la réponse des tumeurs solides]. Les résultats montrent une prolongation de 10 mois de la SSP évaluée par l'investigateur chez les patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole par rapport à celles recevant le létrozole en monothérapie (20,2 mois et 10,2 mois, respectivement; rapport des risques instantanés [RRI] = 0,49). Bien que les valeurs de p et les intervalles de confiance à 95 % soient précisés dans le rapport d'étude, aucune inférence statistique ne peut être faite en raison des modifications motivées par les données recueillies qui ont été apportées au protocole. Par conséquent, ces statistiques ne figurent pas dans la section Études cliniques de la monographie de produit.

Le paramètre secondaire d'évaluation de l'efficacité, le taux de réponse objective (TRO), était supérieur dans le groupe Ibrance-létrozole par rapport au groupe recevant le létrozole en monothérapie (55 % contre 39 %, respectivement) en ce qui concerne les patientes porteuses d'une tumeur mesurable. Les données sur la survie globale n'étaient pas encore arrivées à maturité (seuls 37 % des patientes avaient subi une manifestation).

Limites de l'étude 1003 (PALOMA-1)

Plusieurs modifications importantes, motivées par les données recueillies, ont été apportées au protocole pendant la réalisation de l'étude, dont les suivantes :

  • Modification 3 : la phase II a été divisée en deux parties en fonction de données précliniques et la cohorte 2 (Ph2P2) devait inclure seulement des patientes porteuses de biomarqueurs;
  • Modification 5 : le paramètre primaire, à savoir la SSP dans la cohorte Ph2P2, a été remplacé par la SSP dans les cohortes Ph2P1 et Ph2P2 combinées;
  • Modification 7 : le moment de l'analyse finale a été modifié et fixé après la survenue d'environ 95 manifestions, au lieu des 114 manifestions déterminées précédemment pour la SSP.

Le fait que ces modifications au protocole étaient motivées par des données rend impossible l'inférence statistique à partir des données obtenues et limite les conclusions globales qui ont pu être tirées. Étant donné qu'aucune méthode statistique ne peut prendre en compte les aspects cliniques et opérationnels de ces modifications, Santé Canada a déterminé qu'aucune conclusion ne peut être tirée de l'étude, que les valeurs de p et les intervalles de confiance à 95 % indiqués ne sont pas utiles, et qu'on ne connaît pas avec certitude l'étendue de l'effet sur la SSP lorsque le létrozole est administré en association avec Ibrance plutôt que seul.

Un grand nombre de dérogations au protocole ont été faites au cours de la phase II de l'étude, dont des dérogations majeures aux critères d'inclusion et d'exclusion prévus dans le protocole. On note également des déséquilibres entre les caractéristiques initiales des patientes du groupe Ibrance-létrozole et celles du groupe létrozole; certaines de ces caractéristiques ont pu influer sur le pronostic (par exemple, le foyer métastatique [os seulement ou viscères] ou les traitements anticancéreux antérieurs).

Le paramètre primaire de la SSP évaluée par l'investigateur n'a pas été confirmé par l'évaluation centrale indépendante effectuée à l'insu portant sur les données combinées des Ph2P1 et Ph2P2 (RRI observé de 0,62, contre un RRI évalué par l'investigateur de 0,49). Cette divergence semble être due à la censure informative des données, le pourcentage nettement supérieur de patientes ayant abandonné le traitement en raison d'une rechute relevé dans le groupe létrozole (41 %) par rapport au groupe Ibrance-létrozole (12 %) n'ayant pas été confirmé par l'évaluation centrale indépendante effectuée à l'insu. Lorsqu'on examine les deux cohortes séparément, les résultats de la Ph2P1 diffèrent grandement d'une analyse à l'autre, ce qui suggère l'existence d'un biais majeur associé aux résultats de l'investigateur, particulièrement chez la population de patientes non sélectionnées au moyen de biomarqueurs :

  • Ph2P1 : RRI de l'évaluation centrale indépendante = 0,73; RRI de l'investigateur = 0,30
  • Ph2P2 : RRI de l'évaluation centrale indépendante = 0,58; RRI de l'investigateur = 0,51

Compte tenu de cette censure des données de l'évaluation centrale indépendante à l'insu, les données sur l'efficacité présentées par l'investigateur de PALOMA-1 pourraient ne pas être fiables, car l'ampleur des bienfaits observés dans l'ensemble de la population de la phase II est largement attribuable aux données de la Ph2P1.

Dans l'objectif d'atténuer certaines limites de l'étude, le promoteur a fourni des analyses supplémentaires. Des analyses de sensibilité prédéterminées et ad hoc ont été effectuées, et elles soutiennent toutes les données sur l'efficacité primaire en faveur du groupe Ibrance-létrozole. Un certain nombre d'analyses de sensibilité ont également été menées indépendamment par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. Celles-ci incluaient une analyse de la SSP selon la « pire éventualité », dans laquelle les patientes qui avaient abandonné le traitement sans événement documenté en lien avec la SSP étaient considérées comme des censures dans le groupe témoin, mais étaient considérées comme ayant présenté un événement dans le groupe recevant le traitement d'association. Bien que les résultats de toutes les analyses de sensibilité étayent les analyses de l'efficacité primaire - ce qui donne à penser que la SSP était plus longue dans le groupe Ibrance-létrozole que dans le groupe létrozole -, ces analyses englobaient toute la population de la phase II, malgré la forte probabilité d'un biais d'interprétation par les investigateurs dans la partie 1 de la population.

Analyse globale de l'efficacité

De façon générale, la phase II de l'étude 1003 (PALOMA-1) comporte de nombreuses sources d'incertitude, notamment l'existence probable d'un biais d'interprétation et les importantes modifications qui ont été apportées au protocole. Le bienfait statistiquement significatif apporté par l'association Ibrance-létrozole (par rapport au létrozole en monothérapie) reste à démontrer. On juge que l'estimation ponctuelle du rapport des risques correspondant à la SSP dans la phase II de l'étude 1003 constitue une preuve prometteuse de son efficacité clinique en première intention chez les patientes ménopausées atteintes d'un cancer du sein RE+/HER2- au stade avancé. Étant donné la gravité de la maladie et le besoin médical d'un traitement qui prolonge la vie des patientes et qui retarde la progression de la maladie, les données de la phase II de l'étude 1003, en dépit des limites inhérentes à cette étude, sont jugées suffisantes pour permettre de conclure qu'Ibrance, en association avec le létrozole, a le potentiel d'apporter un avantage clinique chez les patientes visées. Cependant, des données additionnelles, provenant de l'étude de phase III qui est en cours dans la même population de patientes (étude 1008 : PALOMA-2), sont requises afin d'attester l'efficacité d'Ibrance comme traitement de première intention chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein RE+/HER2- au stade avancé.

Indication

Le promoteur a proposé l'indication suivante :

Ibrance (palbociclib) est indiqué en association avec le létrozole à titre de traitement endocrinien initial de la maladie métastatique chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein avec présence de récepteurs d'estrogènes et absence du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (RE+/HER2-) au stade avancé.

Afin de garantir un emploi sûr et efficace du produit, Santé Canada a demandé que le paragraphe suivant soit ajouté à l'indication susmentionnée :

L'efficacité clinique d'Ibrance est étayée par une prolongation relativement marquée de la survie sans progression (SSP) qui a été observée dans une étude ouverte de phase II avec répartition aléatoire. Compte tenu des limites inhérentes à la méthodologie de cette étude, aucune inférence statistique n'a pu être faite, et les incohérences internes qui apparaissent dans les résultats suggèrent un possible biais d'interprétation des investigateurs en faveur du groupe palbociclib. Dans l'étude de phase III comparative avec placebo qui est en cours, l'ampleur des bienfaits du palbociclib pourrait donc différer de celle qui a été observée dans l'étude de phase II. Le maintien de l'approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques lors d'une étude clinique de confirmation.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Ibrance approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

L'innocuité clinique d'Ibrance a été principalement évaluée dans le cadre de l'étude 1003 (PALOMA-1) qui est décrite dans la section Efficacité clinique. Les évaluations de l'innocuité d'Ibrance comprenaient également des données cliniques provenant d'études en cours et d'études concernant d'autres indications.

L'innocuité a été évaluée chez un total de 851 sujets ou patients (dans les études de phase I-III), dont 393 volontaires sains (46,2 %), 255 patients (30,0 %) atteints d'une affection maligne qui ont reçu au moins une dose d'Ibrance, 77 patients (9,0 %) qui ont reçu un comparateur et 126 patients (14,8 %) qui ont été répartis aléatoirement dans le cadre d'un essai à l'insu. Parmi les 255 patients atteints d'une affection maligne qui ont reçu au moins une dose d'Ibrance, 101 femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein au stade avancé ont reçu l'association Ibrance-létrozole dans le cadre de l'étude pivot 1003 (n = 95) et de la partie 2 de l'étude 1010 en cours (n = 6) incluant la population cible et le schéma posologique recommandé pour le traitement par le palbociclib. Les données sur l'innocuité les plus pertinentes pour cette présentation proviennent de l'étude 1003, laquelle incluait également un groupe de traitement de comparaison; dans le présent dossier, l'examen de l'innocuité a porté principalement sur cette étude. Il s'agit d'une population de patientes relativement restreinte, compte tenu de la fréquence de la maladie (cancer du sein avancé) dans la population canadienne. Toutefois, les données sur l'innocuité provenant d'autres études permettent de préciser le profil d'innocuité global du médicament et d'atténuer les préoccupations posées par la taille de la base de données d'innocuité.

Dans la phase I de l'étude 1003 (n = 12), la dose journalière moyenne de palbociclib qui a été administrée était de 125 mg (intervalle : de 102 à 129 mg), tandis que la dose journalière moyenne de létrozole était de 2,5 mg (intervalle : 2,5 mg). La durée médiane du traitement a été de 374 jours et de 353 jours, respectivement, pour le palbociclib et le létrozole. L'intensité de dose relative médiane était de 90 % et de 100 % pour le palbociclib et le létrozole, respectivement.

Au cours de la phase II (Ph2P1 et Ph2P2), la dose journalière moyenne de palbociclib a été de 125 mg (intervalle : de 80 à 267 mg). La dose journalière moyenne de létrozole était de 2,5 mg (intervalle : 2,5 mg) dans les groupes palbociclib-létrozole et létrozole en monothérapie. La durée médiane du traitement a été supérieure dans le groupe palbociclib-létrozole (420 jours pour le palbociclib et 428 jours pour le létrozole) comparativement au groupe létrozole (231 jours).

Les résultats de l'étude 1003 montrent que l'association Ibrance-létrozole a été associée à une fréquence supérieure d'événements indésirables (EI), d'événements indésirables graves (EIG) et d'arrêts de traitement (permanents ou temporaires) en comparaison du groupe létrozole.

La neutropénie (diminution du nombre de neutrophiles) est l'événement indésirable survenu pendant le traitement (EIT) qui a été signalé le plus souvent dans les deux phases de l'étude :

  • Phase I - des épisodes de neutropénie ont été signalés chez 92 % des patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole.
  • Phase II - des épisodes de neutropénie ont été signalés chez 75 % des patientes du groupe Ibrance-létrozole contre 5 % des patientes du groupe létrozole (Ph2P2). 

Les autres EIT qui ont été signalés fréquemment sont la fatigue (41 %; grade 3, 2 % et grade 4, 2 %), l'anémie (35 %, grade 3, 5 % et grade 4, 1 %), la nausée (25 %), l'arthralgie (23 %), l'alopécie (22 %), la diarrhée et bouffées de chaleur (21 % respectivement) et la thrombocytopénie (17 %). Dans la phase II de l'étude 1003, un nombre nettement supérieur d'épisodes de neutropénie de grade 3 (48 %) a été signalé par rapport aux autres grades dans le groupe Ibrance-létrozole. Des épisodes de leucopénie (diminution du nombre de leucocytes) ont également été signalés fréquemment dans la phase II (43 % des patientes du groupe palbociclib-létrozole), dont une proportion considérable d'épisodes de grade 3 (19 % des patientes); cependant, en dépit des nombres élevés de cas déclarés de neutropénie, d'anémie, de leucopénie et de thrombocytopénie, aucun EIG n'a été signalé pour l'un ou l'autre de ces EI. Un encadré Mises en garde et précautions importantes a été inclus dans la monographie de produit d'Ibrance afin de mentionner la survenue possible d'une neutropénie.

De même, des cas d'infection ont été signalés plus souvent dans le groupe traité par l'association Ibrance-létrozole que dans celui ayant reçu le létrozole en monothérapie (55 % contre 34 %, respectivement). Aucun cas de neutropénie fébrile ou de sepsie neutropénique n'a été signalé dans aucun des groupes de traitement de l'étude 1003, bien que la base de données d'innocuité des essais cliniques d'Ibrance renferme deux cas de neutropénie chez des patientes traitées par Ibrance dans le cadre d'autres essais cliniques. On trouve dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit la fréquence des infections survenues au cours de l'étude 1003 et des recommandations relatives à la surveillance et au traitement des patientes.

Une proportion significativement plus élevée de patientes ont déclaré des EIG dans le groupe Ibrance-létrozole (22 %) par rapport au groupe létrozole (7 %). L'embolie pulmonaire a été signalée plus souvent chez les patientes traitées par l'association Ibrance-létrozole (5 %) que chez celles ayant reçu le létrozole en monothérapie (0 %). Toutefois, 4 des 5 des cas signalés étaient asymptomatiques et ont été détectés uniquement par imagerie médicale. Un expert clinique a proposé, en s'appuyant sur des données publiées, que ce taux d'incidence de l'embolie pulmonaire se situerait à l'intérieur de la plage attendue chez une population typique de patientes atteintes d'un cancer du sein avancé; selon l'hypothèse formulée, l'incidence supérieure par rapport au groupe témoin de l'étude tiendrait à l'exposition prolongée au traitement dans le groupe Ibrance-létrozole comparativement au groupe témoin. L'embolie pulmonaire est mentionnée dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit.

Les abandons définitifs du traitement à l'étude ont été plus nombreux dans le groupe traité par l'association Ibrance-létrozole (15 %) que dans celui recevant le létrozole en monothérapie (3 %). Le seul EI ayant provoqué l'abandon du traitement chez plusieurs patientes a été la neutropénie, responsable de l'abandon définitif du traitement chez 5 patientes (6,0 %), toutes incluses dans le groupe traité par l'association Ibrance-létrozole. Une réduction de la dose d'Ibrance motivée par des EI a été observée chez 32 patientes (39 %), et 42 patientes (51 %) ont dû interrompre temporairement le traitement. L'abandon définitif du traitement n'a cependant pas été requis chez la majorité des patientes, ce qui donne à penser qu'une interruption temporaire et/ou une modification de la dose ont souvent suffi pour gérer les EI. La fréquence des abandons attribuables à la neutropénie a été inférieure dans la cohorte de patientes Ph2P2 que dans la cohorte Ph2P1, ce qui pourrait indiquer que les modifications de dose ont été optimisées dans la Ph2P1 et ont permis de réduire efficacement l'incidence des cas de neutropénie ayant mené à l'abandon.

Analyse globale de l'innocuité

Le profil d'innocuité de l'association Ibrance-létrozole repose principalement sur l'étude pivot concernant l'indication visée (cancer du sein au stade avancé) dans cette présentation. Les études justificatives sur l'innocuité qui ont été présentées ont également servi à l'établissement du profil d'innocuité global; toutefois, dans ces autres études, Ibrance était administré en monothérapie ou en association avec d'autres agents. Malgré des conditions d'utilisation différentes, les EI signalés dans les études justificatives concordaient de façon générale.

Dans l'ensemble, le traitement par Ibrance augmentait les cas signalés de cytopénie (en particulier de neutropénie), d'infections, de diarrhée, de nausées, de troubles oculaires et d'embolie pulmonaire. Étant donné que le cancer du sein au stade avancé est maladie grave, qui engage le pronostic vital, le profil de toxicité est jugé relativement acceptable et gérable pour la population de patientes visées.

La mise en garde suivante a été incluse dans un encadré Mises en garde et précautions importantes dans la monographie de produit d'Ibrance : Neutropénie.

La monographie de produit d'Ibrance présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité soulevés.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Ibrance approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques pour l'être humain ont été ajoutés dans la monographie de produit. À la lumière de l'utilisation prévue d'Ibrance, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit. 

Les études pharmacodynamiques non cliniques appuient l'utilisation d'Ibrance (palbociclib) chez les femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein RE+/HER2-. Une étude in vitro décrite dans la littérature a montré que les cancers du sein RE+ caractérisés par une surexpression des gènes codant pour la protéine du rétinoblastome (pRb) et la cycline D1 et par une sous-expression du gène p16 (cyclin-dependent kinase inhibitor 2A) étaient les plus sensibles au palbociclib; cependant, les taux d'expression de la cycline D1 et du gène p16 n'étaient pas mesurés dans les modèles de cancer du sein qui ont servi aux études pharmacodynamiques non cliniques. On ne sait pas avec certitude si le marqueur (amplification du gène codant pour la cycline D1 et/ou perte du gène p16) prédirait une meilleure réponse clinique au traitement par le palbociclib.

Dans les études pharmacologiques sur l'innocuité cardiovasculaire qui ont été menées chez le chien, il y avait une forte corrélation entre l'allongement de l'intervalle QTc et la concentration plasmatique du palbociclib.

Dans les études évaluant la toxicité de doses répétées, les principaux effets toxiques du palbociclib ont été observés au niveau de la moelle osseuse, des tissus lymphoïdes et des organes reproducteurs mâles, ce qui concorde avec les effets pharmacologiques du palbociclib. Par ailleurs, dans des études ayant duré plus longtemps (≥ 15 semaines), on a noté chez le rat, mais pas chez le chien, une altération du métabolisme du glucose et des altérations secondaires de l'œil (cataracte/dégénérescence du cristallin), des incisives (dégénérescence des améloblastes), des reins (vacuolisation des tubules rénaux) et du tissu adipeux (atrophie). Les altérations associées à l'hyperglycémie n'étaient pas réversibles. Le mécanisme qui sous-tend les altérations du métabolisme du glucose demeure incertain, de même que la pertinence de ces observations pour les humains.

Des effets toxiques irréversibles sur les os (diminution des travées osseuses du fémur) ont été observés chez les rats mâles après l'administration de doses intermittentes de palbociclib pendant 27 semaines. Le risque pour une population adulte dont les travées osseuses sont matures demeure incertain, mais on considère qu'un risque existe dans le cas d'une population pédiatrique.

Le palbociclib a eu un effet aneugène dans des études de génotoxicité in vitro et in vivo. Dans des études de toxicité pour le développement menées chez le rat et le lapin, le palbociclib s'est révélé fœtotoxique.

La monographie de produit présente les mises en garde et les mesures de précaution pertinentes concernant les problèmes d'innocuité relevés. Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Ibrance approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Ibrance montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. L'élaboration pharmaceutique a été considéré acceptable après l'évaluation. D'après les données sur la stabilité présentées, la durée de conservation proposée de 24 mois est acceptable lorsque le produit est conservé à une température de 20 à 25 °C.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation (l'ICH) et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.

Deux excipients de l'enveloppe de la capsule dure, le lactose monohydraté et la gélatine, sont d'origine animale. On a fourni pour ce produit des lettres attestant que les matières ne proviennent pas de pays ou de régions touchés par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST); il est donc considéré comme étant propre à l'usage humain. Le stéarate de magnésium est d'origine végétale.